Chacun voudrait pouvoir oublier la crise économique. Heureusement, les championnats pour la Coupe du monde de Football sont annoncés ! Et pourtant, chacun sait qu’il n’y aura qu’une seule équipe gagnante. De leur côté, tous les gouvernements espèrent pouvoir relancer l’investissement dans les TIC par un développement rapide du haut débit. Mais si pour ce challenge économique, tous les pays peuvent en principe gagner, la victoire est plus difficile, car les investissements en haut débit sont coûteux et les progrès espérés seront lents.
Les technologies en haut débit se diffusent pourtant rapidement pour ce qui concerne les réseaux fixes (585 millions d’abonnés dans le monde à la fin de 2009, selon In-Stat) et les réseaux radioélectriques (271 millions d’abonnés, dont 181 millions en HSPA à 1,5 Mbit/s). Le DSL représente encore 65 % de ce marché du fixe et il promet encore des améliorations en débits et en portée (300 Mbit/s à 2,5 km, selon la société californienne Assia). Le câble et la fibre (avec le G-PON associé) assurent respectivement 24 et 11 % des connexions fixes en haut débit, alors qu’en radio, se présente maintenant le LTE, direct concurrent de la fibre à domicile. On ne voit pas encore de vainqueur dominant dans ce championnat du haut débit !
D’autre part, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) s’est déclarée surprise et déçue par le décalage très important en France, entre le nombre de foyers raccordés (environ 800 000) et le nombre réel d’abonnés en très haut débit (près de 300 000 abonnés à Numericable et seulement 75 000 abonnés raccordés en fibre optique). Les deux milliards d’euros mobilisés pour le Grand Emprunt pour le déploiement du haut débit dans les zones moins denses ou denses seront-ils donc amortis un jour ?
Tout dépend de la fréquentation assurée par le public auprès des applications en haut débit ! L’espoir d’un engouement subit du public pour la télévision sur IP, pour les jeux en ligne,pour l’accès à la culture à domicile ou à la vente en ligne vient à l’appui de ce souci d’investissement qui doit participer à réduire la crise économique et relancer l’emploi.
A ce sujet, "Informa Telecoms & Media" et "Media & Technology" ont confronté leurs statistiques relevées aux Etats-Unis et en Europe relatives aux terminaux et accessoires utilisant le haut débit (IEEE Communications Magazine, Mai 2010). Il a fallu près de dix années pour que les DVD et les accès à haut débit atteignent un taux de pénétration des foyers de 90 et 70 %. Les pratiques d’usage des nouveaux outils récents (entre 2 à 6 ans), tels que les disques Blu-ray, les terminaux Smartphones, les jeux, les DVR, etc. ont des taux de pénétration qui s’étalent entre 5 et 40 %. Les modes relatifs à la distribution télévisuelle, bien trop nombreux, en font un marché divisé et à forte concurrence. Chaque mode ne peut, pour le moment, assurer à la fois une présence totale et une forte rentabilité. Et l’Internet est bien présent, avec ses alternatives truffées de réglementations aussi astucieuses qu’instables.
La diversification des supports d’accès en haut débit, ainsi que celle des outils d’usage du multimédia, offrent un challenge extrême au succès du Grand Emprunt. Sans parler de la concurrence des offres télévisuelles satellitaires à bon marché disponibles chez nos voisins européens ! Chers amis, goûtez et comparez !
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