Le numérique remplace l’analogique et la Toile Internet cherche à se substituer aux réseaux classiques de télécommunications. Mais, on devine une gêne, dans cette progression. Le développement du marché est poussé par la crise et les applications nouvelles ont peine à perdurer. Il existe un besoin qui n’est pas encore totalement cerné, mais le risque serait de pousser le système au-delà du raisonnable !
Le marché français du numérique résidentiel
La crise semble soutenir le besoin d’informations et de loisirs des Français. Près de 26 millions de Français sont abonnés à l’Internet, dont plus de 18 millions en haut débit et, parmi ces derniers, 7 millions regardent la télévision numérique sur ADSL. La communication mobile concerne 58 millions de Français et de Françaises et la moyenne mensuelle d’envoi de SMS par client est passée en un an de 40 à 77 (à rapprocher des 81 messages SMS envoyés par mois par les Britanniques) ! Cette croissance dans l’usage des SMS est liée à des offres tarifaires dites "illimitées" (sans supplément). Au cours du premier trimestre 2009, 13,5 milliards de SMS ont été échangés. Les MMS (messages multimédia qui incluent soit une vidéo ou des photographies) sont aussi en expansion et un client sur trois les utilise. La pratique des jeux vidéo musicaux s’étend. Mouvement passager ou tendance de fond ? Qu’importe ! Les Français se sont adaptés à l’usage quotidien de la souris pour les loisirs. Ils se trouvent en retard par rapport aux Américains et aux Coréens, mais ils s’y attachent quand même.
Le marché français du numérique en entreprise
Mais si le paysage du numérique paraît idyllique pour le marché des résidentiels, il l’est beaucoup moins pour les entreprises françaises qui, manifestement prennent du retard. Moins de 50 % des entreprises sont raccordées en haut débit (sans que la valeur de celui-ci soit précisée par les nombreuses officines qui diffusent ces informations). Seulement 16 % des établissements de plus de 6 salariés sont équipés de ToIP. Par défaut de notoriété, près de 60 % des établissements ne connaissent pas la technologie. Seulement 30 % d’entre elles ont un site Internet et 2,5 % ont un site qui permet les transactions. Un grand nombre de sites d’entreprises ne sont que des façades, plus proches de la carte de visite que de sites marchands à la recherche du contact privilégié vers le client. En Avril 2009, 500 000 PME ne connaissaient pas encore l’usage de l’économie numérique. Par contre, les fournisseurs de services informatiques aux entreprises se réjouissent de la montée progressive des applications à distance (comme celles récentes liées au Cloud Computing), du stockage de données et de la vidéo professionnelle.
L’hébergement dédié en Europe
Les analystes du bureau d’études Quocirca ont étudié le marché de l’hébergement dédié en Europe et ont noté que, malgré le contexte économique actuel, ce marché européen restait florissant. L’hébergement dédié séduit les entreprises de toutes tailles, car il permet d’acquérir une infrastructure sur la Toile à un coût contrôlé, tout en réduisant les risques et en créant de la valeur pour leur écosystème professionnel. Certains Fournisseurs d’Hébergement Dédié (FHD) se concentrent principalement sur les grandes entreprises, d’autres sur les PME, alors que quelques uns se spécialisent dans les offres destinées aux éditeurs de logiciels indépendants. Les types de facturation varient mais sont toujours basés sur un abonnement. La plupart des fournisseurs d’hébergement dédié appliquent les standards des meilleurs pratiques pour la sécurité des données et la gestion informatique (ISO27001 et normes liées, l’ITIL, obligations du GIE InterBancaire en matière de paiement par carte de crédit, etc.). Windows concentre environ 60% de la demande et Linux 30%. [www.ntteuropeonline.fr]
Les exploitants de réseau
Les exploitants de réseau voient enfin se remplir les artères à très haut débit qui avaient été mises en place dans l’euphorie du début des années 2000. Le marché des câbles sous marins devrait continuer à progresser de 30 à 35 % par an dans les cinq prochaines années.
Si le réseau de distribution commence à s’orienter vers la fibre optique, il s’agit en fait d’îlots assez disparates. Face à l’Asie, qui détient 80 % des raccordements optiques mondiaux, le marché américain atteint seulement 16 %, mais progresse rapidement en urbain. Six pays totalisent 81 % du marché FTTH/B en Europe. A ce sujet, le "FTTH Council Europ" en appelle à des projets novateurs dans le domaine de l’accès en fibre optique. Les dix premières innovations soumises seront récompensées en Février 2010 à Lisbonne, au sein des trois catégories suivantes :
- Innovation technologique et technique
- Innovation au niveau du déploiement et de l’exploitation
- Innovation au niveau du marketing et des opérations
Les projets présentés par les candidats seront évalués par un jury composé d’experts d’institutions académiques, d’analystes neutres et de journalistes spécialisés. Les candidats peuvent soumettre leurs projets à partir du début Octobre 2009. [www.ftthconference.eu]
Les applications sur la Toile
Avec l’accès à Internet, toujours en progression dans tous les pays du monde, s’ajoutent aujourd’hui la télévision numérique et les jeux vidéo. Et FaceBook s’approche de l’équilibre financier ! Mais les applications sur Internet évoluent vite, plus proches des effets de mode que de besoins réels. L’intérêt pour les blocs notes est en décroissance et les modèles économiques de ces types d’applications et des réseaux sociaux éphémères restent encore à définir (pour Twitter en particulier).
Le grand emprunt
Annoncé prématurément, le grand emprunt du gouvernement français devrait participer à la remise sur les rails de l’économie française. Parmi les priorités évoquées par le GFI (Groupement des Fédérations Industrielles), il devrait concerner le très haut débit, la santé (sans doute par le biais du DMP), les nanotechnologies, les écotechnologies, l’alimentation, etc.
Le mythe du très haut débit
L’idée que la diffusion de la fibre optique dans tous les foyers français pouvait aider à résoudre la crise économique est un concept proche du canular. La fibre optique permet des débits très élevés (de 100 Mbit/s à 10 Gbit/s) en distribution. Outre le prix à payer (des milliards d’euros) et le délai de réalisation (une bonne dizaine d’années au moins), il demeure à prouver que les utilisateurs résidentiels, qu’ils soient à la ville ou à la campagne, ont réellement besoin de ces débits dans les deux sens de transmission au même moment. Un tel investissement se justifie encore moins que la "prime à la casse" qui, elle-même, n’est qu’une aide temporaire à l’industrie automobile, avec des effets pervers à moyen terme. L’ADSL à 300 Mbit/s ou bientôt à 600 Mbit/s est réalisable sur paires téléphoniques ordinaires et le G-PON peut servir à mutualiser les investissements de raccordement pour des groupes d’abonnés à des conditions économiques plus réalistes. Derrière ces questions de principe, ne se profilerait-il pas d’autres aspects départementaux beaucoup moins techniques ? Mais après tout, si le Japon a câblé de la fibre optique de façon aveugle et irréfléchie depuis des années, pourquoi la France n’imiterait-elle pas ce pays qui croule sous une dette publique supérieure à deux fois son PIB ?
Mon "cher" haut débit !
Les Hauts de Seine ont gagné leur pari et ce riche département va pouvoir bénéficier des mannes européennes associées à celles du Département pour câbler la fibre optique dans toutes les chaumières éparpillées dans ce vaste territoire. A ce propos réapparaît la notion juridique de "compensation pour la mise en œuvre d’un service public", formule employée par la Commission européenne pour justifier l’attribution de la subvention départementale de 420 millions d’euros. Mais d’où vient l’argent nécessaire à la prise optique de Marne la Coquette ? Du Cantal, ou de la Lozère ?
Plus simplement, le Conseil Général du Morbihan tisse sa toile, en innovant et en investissant intelligemment dans un contexte de crise avec l’aide de France Télécom-Orange, via un partenariat public privé. Douze millions d’euros seront investis pour offrir le haut débit à des milliers de foyers et d’entreprises avec de l’ADSL associée avec de la fibre optique. Au total, 79 nouveaux points de distribution de l’ADSL vont être activés et 175 km de fibre optique déployés sur une période de 18 mois. Le Morbihan a donc fait un choix d’investissement mesuré grâce à la recherche de complémentarité des réseaux et des infrastructures du Département et du Syndicat d’Electricité du Morbihan, permettant de limiter les travaux de génie civil. Plus de 20 000 foyers déjà éligibles à l’ADSL vont voir leur débit augmenter jusqu’à 8 Mbit/s et plus. D’autre part, 630 entreprises pourront bénéficier d’offres d’accès au Très Haut Débit (jusqu’à 100 Mbits/s) à des tarifs similaires à ceux pratiqués dans les plus grands centres d’affaires.
Croissance des noms de domaines
Selon l’AFNIC, l’enregistrement des noms de domaine sous la bannière ".fr" est en croissance lente et modeste. Cette croissance reste dominée par celle de ses voisins anglais et allemands.
Les projets de l’ICANN
Il semble que l’expansion des noms de domaine de premier niveau de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), c’est-à-dire ".com, .org ou .fr." pourrait créer des "conséquences négatives sérieuses" pour les entreprises et les Internautes consommateurs du monde entier. L’absence de niveaux de prix pour les nouveaux accords d’acquisition de domaines pourrait entraîner une certaine discrimination financière pour les entreprises astreintes à étendre ou à renouveler leur adresse. La création de nombreux nouveaux domaines pourrait encourager la fraude et accroître la confusion en ligne.
Gouvernance de l’Internet international
Enfin, la gouvernance de l’Internet se précise ! L’ICANN sera désormais soumis à un contrôle d’évaluation tous les trois ans, exercé par quatre Comités.
* Gestion comptable, transparence et respect de l’intérêt général sur Internet ;
* Sécurité et stabilité du réseau pour l’accès à des adresses DNS ;
* Concurrence, protection des clients et enregistrement des noms de domaines
* Annuaire officiel des données (avec références des titulaires des adresses).
Il demeure quand même à préciser comment s’exerceront ces modalités de contrôle et, en cas de manquements, quelles seront les sanctions. Dans l’état actuel des choses, la gestion des activités de la Toile restera sous la responsabilité de l’ICANN, mais la Commission Européenne a demandé la création d’un panel composé de représentants d’Amériques du Nord et du Sud d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie en charge de débattre et recommander des politiques à suivre.
CIEN 2012 – RF & Hyper, Du 24 au 26 Octobre 2012 à Paris Expo Porte de Versailles., Le prochain CIEN, carrefour ... [suite]
Premier congrès francophone des applications des fibres optiques, Les 23, 24 et 25 Octobre 2012, à Paris, Porte de Versailles Hall 1, Le Premier congrès francophone ... [suite]