L’évolution des technologies conduit à moderniser les pratiques anciennes afin de réduire les coûts. De grands progrès sont annoncés dans les laboratoires. Mais, pour réduire vos frais de déplacements, accepteriez vous de réduire la qualité du contact avec votre médecin de famille ? La question pourrait vous être bientôt posée !
Qu’est-ce que la télémédecine ?
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la "télémédecine" est l’activité qui utilise les technologies de l’information et de la communication (les TIC) pour fournir des informations et des services médicaux d’un endroit à un autre. L’OMS définit la "e-Santé" comme un néologisme créé pour désigner l’usage des TIC dans le secteur médical. La nuance entre les deux termes est mince, alors que dans les faits, cinq familles d’usages médicaux peuvent aujourd’hui être placées dans le cadre général de la "télémédecine".
A - Alertes régionales de santé (pour les pandémies, par exemple) ;
B - Urgences médicales à distance (absence de médecin sur place : îles, lieux de combats, secours sur le lieu de travail, etc.)
C - Hospitalisation à domicile (HAD) pour les "aînés" et les handicapés ;
D – "e-Health" ou "Cybersanté", portails d’informations gratuites de type "Wikipédia médicaux" pour l’automédication ;
E - Projets nationaux structurés utilisant les TIC dans la pratique des soins médicaux (représentés en France par le DMP, etc.).
La télémédecine, considérée sous ces cinq aspects, demande un investissement initial très élevé. Les dépenses de santé représentent déjà aujourd’hui une part importante du PIB et on a pu établir la relation suivante : 5 % du PIB consacré au budget de la santé publique permettraient en moyenne une espérance de vie en bonne santé de 42 ans, alors que 30 % du PIB correspondraient à une espérance de vie moyenne de 81 ans. Or, d’un pays à un autre, les critères politiques primordiaux et les ressources disponibles sont très différents. La France offre une couverture sociale à tous, alors qu’aux Etats-Unis 50 millions de citoyens américains ne disposent pas d’assurance maladie (16 % de la population) ! L’état sanitaire et l’épidémiologie sont également très différents d’un pays à un autre (le "chicougougnia" est actuellement inconnu chez les "Chtimis"). Les urgences constatées présentent d’abord des définitions locales ou d’ordre professionnel. En médecine, la normalisation ne semble pas à première vue présenter de caractère obligatoire ou d’urgence.
Modernisation de la médecine par les TIC
Les TIC, associées à de nouveaux réseaux fixes et mobiles, deviennent de plus en plus indispensables à l’exercice de la médecine. Le protocole IP apporte la disponibilité d’outils et de réseaux à bon marché, à condition d’en sécuriser l’usage, car l’on sait en effet que les réseaux IP présentent une mauvaise qualité de service en cas d’engorgement de trafic et peuvent entraîner de pertes de confidentialité, des intrusions, etc. Sous ces réserves, l’alliance entre informatique et réseau peut favoriser la généralisation d’un système national de santé efficace.
Les premiers investissements consentis en informatique médicale visent à rentabiliser la gestion des dossiers de soins, à lutter contre la fraude par l’examen des statistiques des pôles les plus actifs (chirurgies de confort, interventions lourdes à caractère répétitif, etc.), à réduire les investissements collectifs les moins productifs, etc.
La seconde démarche est de nature régionale et empirique, d’autant plus qu’en France, les mesures de décentralisation permettent une certaine autonomie des décisions. Jamais les sociétés d’informatique n’ont connu une telle expansion de leur cahier de commandes pour des travaux de mises à jour de systèmes d’information orphelins ou pour la création de liens non normalisés utiles localement. L’informatisation des systèmes d’information de santé est nécessaire, mais elle devient rapidement coûteuse, car elle s’effectue actuellement sans planification, avec une fragmentation des décisions, dans un cadre où il existe une pénurie de formation conjointe "réseau et informatique" et en l’absence de gestionnaire par fonction médicale et par réseau. Des actions ponctuelles sont en cours afin de remédier à cette situation.
Un "schéma directeur" global serait nécessaire de façon à apporter l’interopérabilité de la télémédecine avec d’autres systèmes d’informations médicaux répondant à des normes reconnues. L’administration et les cercles politiques des pays développés cherchent, chacun à leur façon, à édifier un système cohérent et progressif avec des ressources budgétaires toujours insuffisantes et de nombreuses entraves juridiques évidentes (secret médical, par exemple). Le poids financier d’un tel projet est évalué, aussi bien par les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France, à un effort de 15 à 20 années de mises au point progressives. Les Etats-Unis envisagent être en mesure de mettre en place un dossier médical électronique pour 35 % de leur population d’ici à 2014 (projet "Electronic Medical Record"). Après avoir été très enthousiastes sur le sujet, les politiques de tout pays sont aujourd’hui plus mesurés dans leurs propos, sauf à rationaliser la gestion des systèmes de santé, laquelle est estimée à environ 30 % des dépenses globales dans les pays développés.
Les sociétés qui négocient des contrats d’assurance avec les médecins – chirurgiens (dont le montant peut atteindre 48 k€/an) sont très favorables à l’établissement et à l’usage de critères de qualité des soins médicaux reposant sur des systèmes d’informations fiables. De même, la plupart des praticiens souhaiteraient établir des diagnostics en collaboration avec un confrère ou disposer d’outils informatiques éprouvés pour l’aide à la décision. Les TIC permettent cette approche et les travaux effectués ou en cours aujourd’hui montrent que la généralisation de certaines réalisations permettrait en effet d’améliorer la qualité des soins tout en réduisant la facture globale de la santé.
Réalisations françaises ou étrangères de télémédecine
• Tri informatisé avec étiquettes RFID des urgences médicales civiles et militaires (établissement de 15 critères qui aident les infirmières) ;
• Industrialisation de capteurs de pression sanguine, de palpeurs et de senseurs de santé avec terminaux ergonomiques avec écran associé multiusage (bien que la caméra ne puisse remplacer l’auscultation) ;
• Projets de notation des performances des personnels de santé et des centres de soins ;
• Mise au point de terminaux de télésanté pour les dispensaires du secteur rural (gestion par une infirmière) ;
• Réseau de visioconférence pour le suivi quotidien des exercices des patients par un rhumatologue ;
• Télésurveillance des diabétiques, des dialysés rénaux, du bien-être fœtal par ECG, etc. ;
• Informations médicales dispensées par des portails spécialisés labellisés ;
• Réalisations diverses pour l’hospitalisation à domicile (HAD) avec l’Hôpital Pompidou, et également par les sociétés IBM, HP, Cisco, etc.
• Préparation d’une Base de données du "Vidal" pour un "Health Care Management" certifié ;
• Ouverture de “ Health Data Management" , avec Google Health ;
• Emploi du Web2.0 pour certaines affections mentales ;
• Mise en place en France du DMP (dossier médical partagé) et d’un DMPP (pour la pharmacie) avec constitution d’un réseau entre centres de soins, personnels de santé et centres administratifs de gestion ;
• Aménagement de logiciels médicaux spécifiques pour les terminaux mobiles à haut débit (G3-iPhone2, BlackBerry2) ; etc.
• Scanage des dossiers patients par un prestataire demeurant au Pakistan ;
• Commande par Internet d’un traitement anti-ronflement ;
• Société multinationale qui acquiert plusieurs compagnies de logiciels médicaux, afin d’acquérir une position dominante dans un pays, etc.
Vers une nouvelle électronique médicale
L’électronique médicale se perfectionne et aux performances des équipements de diagnostics et d’exploration s’ajoutent la miniaturisation et la mobilité des accessoires nécessaires aux praticiens. Les industriels spécialisés dans la fabrication des composants ont deviné l’orientation vers le médical prise par le marché. La miniaturisation n’est pas la seule contrainte. Il faut pouvoir fabriquer des sondes qui sont placées sous la peau, ou des capteurs destinés à être ingérés, chacun devant répondre à un cahier des charges strictes sur le plan du fonctionnement et de la fiabilité. Les logiciels doivent être repensés et réadaptés en fonction des nouvelles contraintes.
La santé passe par les réseaux
FT Orange dispose depuis deux ans d’une division Santé (appelée "Orange Healthcare" !!) qui regroupe une centaine de chercheurs répartis dans plusieurs unités. Jusqu’ici, la Caisse d’Assurance Maladie ne reconnaissait pas les actes de médecine à distance, car elle ne savait pas les identifier pour les rémunérer. Mais à l’automne 2008, il sera possible de proposer et de mettre en place un système offrant toute garantie pour certains actes et sous certaines conditions. [www.orange.com-]
Soixante années de technologies médicales
Le service britannique de santé (le NHS) a célébré ses 60 ans le 5 Juillet dernier. Et BT lui a fourni ses technologies de communication depuis 1948, ce qui mérite un coup de chapeau. Parmi les premières réalisations, figure l’aide auditive avec le Medresco (du nom de l’entité Medical Research Council) qui en 1959 a approché les 750 000 appareils vendus. [www.bt.com]
La télécardiologie se développe en Europe
Le contrôle des stimulateurs ou des défibrillateurs implantés chez les patients souffrant de troubles du rythme cardiaque, est assuré par le système CareLink développé par la société américaine Medtronic. Grâce à un moniteur connecté au pacemaker du patient, le médecin peut étudier à distance le rythme cardiaque de ce dernier. Par ce système, la prise en charge des malades (250 000 patients en bénéficient déjà au plan mondial) est profondément modifiée, car elle permet de délester les services hospitaliers du suivi des patients souffrant de maladies chroniques, en dehors des événements graves. Les malades réduisent leurs déplacements et le temps d’attente, sans rien perdre sur le plan de la sécurité. Grâce au suivi à distance, le médecin peut détecter rapidement une amorce de dégradation dans l’état de santé du patient et agir sans délai pour lui éviter une intervention d’urgence. Au-delà des questions d’acceptation, de remboursement et de rémunération du médecin, ce type de prise en charge pose aussi des problèmes juridiques. En cas d’alerte grave, qui est responsable ? Qui doit intervenir ? Faut-il envisager une permanence dans le service de cardiologie ou dériver les appels vers les services d’urgence, comme le Samu, qui doivent alors avoir été formés au préalable ? C’est en fait le passage d’un système à un autre qu’il faut accompagner. Et les industriels jouent, avec les juristes et les assurances, un rôle majeur. [www.medtronic.com/carelink]
Quelques sites actifs en télémédecine
• [www.denisesilber.com]
• Le GIP Télémédecine de Picardie se réorganise et se transforme en Groupement de Coopération Sanitaire e-Santé Picardie Groupement de Coopération Sanitaire, dénommé GCS E-SANTE PICARDIE.
• L’association ASTRH@ s’attache à promouvoir les usages de la télémédecine (Telematic for Health) dans la région Rhône-Alpes et ouvre son réseau aux régions européennes actives dans ce domaine. [www.astrh@.org]
• Activités de télémédecine à l’étranger (Allemagne, Belgique, Inde, Japon, Royaume-Uni, etc.) : voir le site [www.altivis.fr/-Les-experimentations-de-.html]
• Et aussi l’association européenne EHTEL (European Health Telematics Association) - [www.ehtel.org], etc.
The third International IEEE Conference on RFID , Les 27 et 28 Avril 2009, à Orlando, Floride ... [suite]
IEEE WCNC, Du 5 au 9 Avril 2009, à Budapest, Hongrie, Wireless Communications (...) ... [suite]