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Localisation de personnes handicapées
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30 avril 2008 - Magazine - e-Santé
La Convention des Nations Unies, relative aux droits des personnes handicapées, signée par 118 pays en Novembre 2007, comporte un certain nombre de prescriptions relatives à l’accessibilité aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et à l’assistance que celles-ci peuvent offrir aux handicapés.
Selon le Ministère de la santé la France compterait quatre millions de personnes déficientes auditives et l’accessibilité des sites Internet aux personnes handicapées est dictée par l’obligation légale du 11 Février 2005. Il est en effet essentiel de permettre aux personnes handicapées, lesquelles représentent environ dix pour cent de la population mondiale, l’accès à l’information et aux outils de communication, afin de ne pas restreindre les droits de ces personnes. Les statistiques sur la nature des handicaps sont loin d’être précises et pour cette raison, il est encore difficile d’adapter l’ensemble des travaux de normalisation pour améliorer les systèmes et équipements liés aux TIC pour faciliter l’accessibilité globale. L’examen de plusieurs réalisations récentes qui tentent de répondre à certains handicaps montre que les équipements mis sur le marché à cet effet utilisent des groupes de normes existantes associées à des logiciels conçus spécifiquement. La prise en compte par les industriels de la demande spécifique des handicapés permet d’améliorer l’ergonomie des équipements de nouvelle génération qui sont mis ultérieurement sur le marché.

Les principes de fonctionnement de plusieurs équipements et systèmes créés pour répondre aux différents besoins exprimés pour le suivi des personnes à distance (télélocalisation) sont résumés. Ces exemples permettent de tirer des premières conclusions sur l’évolution des concepts qui touchent à l’ergonomie des systèmes de communication et à l’organisation des services commercialisés.

Suivi des personnes à distance (télélocalisation)

Sans pour autant exercer une surveillance abusive ou un excès de contraintes, le contrôle du déplacement des personnes est justifié dans le cas de tutelle médicale ou parentale. Les principaux systèmes qui sont aujourd’hui proposés dans le commerce reposent sur les capacités des réseaux de téléphonie cellulaires, de celles des systèmes de triangulation de signaux satellitaires et des propriétés des systèmes d’identification par radiofréquences (RFID).

1 - Localisation à l’aide des réseaux cellulaires

Les systèmes de communication radio cellulaires (GSM, GPRS, UMTS, etc.) permettent de recueillir les informations relatives à la géolocalisation de trois façons différentes : le "différentiel temps", l’identification de cellules et la triangulation. Un téléphone portable utilise pour s’identifier les informations portées sur la carte SIM, numéro de téléphone, numéro de série du portable "IMEI", etc. L’IMEI (International Mobile Equipment Identity) est un code unique composé de 15 chiffres qui identifie le terminal. Lorsque le terminal mobile est connecté à un relais, il envoie son IMEI, puis la carte SIM s’identifie auprès de ce même relais. La combinaison de ces numéros et du numéro de ligne permet l’identification du téléphone. Le "différentiel temps", appelé EOTD (Enhanced Observed Time Difference), correspond au temps de transmission moyen entre le terminal et la station de base la plus proche. Un serveur externe à la communication, analyse sur demande le temps écoulé entre l’émission du signal et son retour, avec ces données, ce qui permet de localiser le téléphone dans le réseau. Une autre technique similaire, appelée "Uplink Time to Arrival", permet d’évaluer le cheminement du signal émis par le relais ou l’antenne elle-même à travers le réseau et d’avoir une localisation encore plus précise.

L’identification des cellules ou "Cell ID" permet une identification plus rapide et moins coûteuse, mais moins précise. Il suffit d’identifier simplement la cellule à laquelle appartient l’antenne par laquelle la communication est émise. La précision est de l’ordre de 200 mètres en agglomération ou de plusieurs dizaines de kilomètres en campagne.

La technique de géolocalisation par triangulation suppose l’installation préalable d’une application sur la carte SIM du téléphone. Pour qu’un utilisateur soit localisable, les trois relais émetteur/récepteur radios les plus proches captent le signal du téléphone et le suivent de façon continue. En cas de déplacement, les relais du voisinage prennent la suite. Les données sont ensuite analysées pour fournir la position de l’utilisateur. Le temps de localisation est de l’ordre de 5 secondes et la précision est proche de 150 mètres en agglomération et de 5 kilomètres en zone rurale.

2 – Localisation par système de signaux satellitaires

Equipés d’une horloge atomique, les satellites à défilement émettent des signaux d’identification. Le récepteur au sol calcule le temps de transfert des signaux et, identifiant les satellites émetteurs, il en déduit le temps qui le sépare de chacun des satellites et donc la distance correspondante. Quatre satellites suffisent pour connaître la position du terminal dans les trois dimensions (SPS, pour Standard Positioning System). Les autres satellites en vue permettent d’apporter une plus grande précision (PPS, pour Precise Positioning System), proche de 10 mètres, qui peut être reportée sur une carte fournie par une base de données géographique.

Le GPS (Global Positioning System) est un système mondial de radionavigation qui est contrôlé par les autorités militaires américaines, constellation satellitaire qui dispose de 24 satellites répartis sur six orbites à une altitude de 20 000 km, de stations de contrôle au sol et de récepteurs. La version GPS-3, plus résistante au brouillage, plus précise et plus disponible, lancée à partir de 2013, comprendra trente satellites disposés en trois plans orbitaux.

La Russie développe un système semblable, appelé Glonass (Global Navigation Satellite System), la Chine prépare le système Compass (ou Beidou-2) pour 2011, l’Inde a son IRNSS et l’Europe le projet Galileo. Dix satellites de Glonass sont déjà en exploitation depuis Avril 2007 et l’ensemble complet assurera une couverture mondiale vers 2012. Après la phase d’essais, la fabrication de la série des 26 autres satellites de Galileo pourra être lancée en 2010, la mise en service de la constellation de ses 30 satellites étant attendue en 2013. La décision de fusionner les projets civils GPS-3 et Galileo donnera, avec 60 satellites, une plus grande précision aux systèmes. De nombreuses applications associées au GPS répondent déjà à des besoins professionnels (transport, services sociaux, travaux publics, loisirs, secours aux personnes, etc.). L’utilisation de cette technique nécessite la disponibilité d’un module GPS ou l’installation de celui-ci dans un terminal. La réception des signaux des satellites n’est pas toujours possible dans les bâtiments ou dans les grandes agglomérations.

3 – Localisation par système RFID

Les systèmes à identification par radiofréquence (RFID) permettent d’établir un lien sans contact (Near Field Communications, NFC) entre un lecteur et une étiquette radiofréquence composée d’une puce et d’une antenne. Une traçabilité des mouvements des marchandises et des êtres vivants peut être enregistrée et donner lieu à signalisation en cas d’événements s’écartant d’un programme prédéterminé.

Il est ainsi possible d’établir à distance la progression des déplacements d’une personne faisant l’objet d’une hospitalisation à domicile, sous réserve que son logement ait été équipé au préalable de capteurs et d’un système de supervision. La prise de médicaments à des heures définies peut aussi faire l’objet de surveillance, etc. Grâce aux RFID, des signaux d’alerte visuelle peuvent être émis à l’intention des malentendants en complément ou en substitution de signaux sonores, etc.

4 – Association de systèmes de localisation

Il est intéressant de permettre à un même équipement d’assurer des fonctionnalités complémentaires, par exemple en associant dans un terminal de téléphonie cellulaire, la technique de géolocalisation par triangulation et le GPS. L’offre "Columba by Orange" a été conçue à cet effet à l’intention des établissements de soins et de maintien à domicile, afin d’améliorer la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (860 000 personnes en France). Le "Columba" est un bracelet-téléphone à GPS-Assisté qui intègre la téléphonie mobile, les alertes intelligentes et le GPS.

Le bouton d’alerte "Urgentys", un nouveau produit "grand public", allie un service GPS personnel et mobile intégrant Google Map. Ce produit québécois, distribué dans plus de 30 pays sur trois continents, concerne les personnes qui peuvent se retrouver dans des situations critiques ou dans un environnement dangereux (personnes offrant des soins à domicile, travailleurs de grands chantiers, malades chroniques, personnes en attente de chirurgie, par exemple, etc.).

Une autre offre concerne un système de localisation de type GPS et radio cellulaire qui est associé à un centre d’appel qui assure un service d’assistance, gère la réception et le traitement des appels. L’offre de services reposant sur la technologie radio cellulaire/GPS n’a cessé de se diversifier. La CNIL a recensé à ce propos quatre types de services différents :
• Les services d’assistance aux conducteurs ;
• Les dispositifs de détection de véhicules volés ;
• Les services de géolocalisation à destination des particuliers et des handicapés ;
• La surveillance des salariés via les systèmes GSM/GPS.

Prise en compte des besoins des handicapés

La description des différentes applications qui participent à la localisation des personnes montre que les usages dédiés à l’intention des handicapés ne sont apparus que lorsque le marché s’était fortement développé.

Par exemple, la téléphonie mobile inventée en 1973, n’a donné lieu à une norme européenne qu’en 1987 et ce n’est qu’après sept années de commercialisation que l’usage des SMS a commencé à prendre son essor. L’identification des appelants ou leur repérage par le réseau, bien que figurant dans la norme, n’était pas à l’origine mis en œuvre par les exploitants, qui n’en voyaient pas le besoin (à l’exception des militaires et de la police).

De même, la géolocalisation par satellite était à l’origine impensable pour des applications à l’échelle de la personne, parce que trop coûteuse. L’extension du marché satellitaire, la création massive de nouveaux composants dédiés, la rivalité potentielle entre les projets GPS et Galileo, l’expression de nouveaux besoins assez proches et la possibilité de gérer des bases de données géographiques accessibles par Internet ont rendu possible la commercialisation à une grande échelle des plusieurs variétés de dispositifs de géolocalisation à des prix acceptables.

Il est clair que des dispositifs pour handicapés ne peuvent être réalisés que si certaines conditions clés sont remplies simultanément sur les plans technique et économique. A contrario, de riches maquettes d’équipements futuristes ont été réalisées sans pouvoir trouver de marché rentable.

En conclusion, il apparaît que le rôle des associations d’aide aux handicapés est fondamental pour recenser d’abord les besoins et pour ensuite accompagner le développement des réalisations à partir des performances proposées par les nouvelles technologies.

Mise à jour du 30 Avril 2008
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