Le marché des satellites s’ouvre à de nouveaux usages. L’Idate croit dans l’avenir du satellite pour la desserte en très haut débit des zones blanches et le Midi Pyrénées expérimente des liaisons satellitaires pour le bénéfice de la télémédecine. L’Inde envisage le lancement de dix satellites par an pendant que le Japon expérimente les nano satellites. Mais Intelsat souffre de la perte inopinée de son satellite Galaxy 15 !
L’accès au très haut débit par satellite
Après avoir rencontré un succès mitigé au début des années 2000, l’accès bidirectionnel par satellite fait son grand retour depuis deux ans, notamment en Amérique du Nord, en Asie, et désormais en Europe. Les actions pour la réduction de fracture numérique et la migration vers le très haut débit permettent à la technologie satellitaire de jouer un rôle de plus en plus important. Sur la période 2010-2014, l’IDATE estime que le nombre d’abonnés en haut débit par satellite sur la zone Europe et Afrique du Nord pourrait croître au rythme de 45 % par an pour atteindre 610 000 abonnés en 2014, contre près de 138 000 fin 2010, malgré la concurrence exercée par les technologies terrestres, principalement sans-fil (3G et LTE).
L’usage de la bande de fréquences Ka se développe en Europe et le très haut débit par satellite pourrait se faire dans des bandes de fréquences encore plus élevées à l’horizon 2020. L’étude "Très haut débit par Satellite", publiée par l’IDATE, fournit les réponses à cette problématique et présente des chiffres actuels du marché de satellite et des marchés concurrents. www.idate-research.com
Télémédecine par satellite en Pyrénées
Le Centre national d’études spatiales, le CHU de Toulouse et la région Midi-Pyrénées développent en commun le projet Diabsat, qui expérimente trois usages de la télémédecine auprès des patients diabétiques de la région. Une campagne de dépistage en Midi-Pyrénées met en œuvre des équipements médicaux spécifiques mobiles, reliés par satellite à un centre de dépistage du CHU de Toulouse. Cinquante quatre communes seront ainsi visitées afin de détecter chez les patients la présence éventuelle de rétinopathie, de microalbuminurie, d’artérite ou de neuropathie diabétiques. Les résultats sont ensuite diffusés par messagerie électronique aux patients et à leurs médecins traitants. Ce projet Diabsat expérimente également la prise en charge du pied diabétique par téléexpertise, mettant en jeu des relevés glycémiques transmis au serveur du CHU de Toulouse, via un site Internet sécurisé. Cette étude, portant sur une cinquantaine de patients permettra d’évaluer le rapport coût efficacité de cette prise en charge à celui d’une démarche de consultation classique. Diabsat intègre également une action d’éducation thérapeutique, dispensée dans les pharmacies de la région pourvues de bornes interactives à écrans tactiles, sur lesquelles ont été installés des logiciels développés par le CHU et l’Institut de recherche en informatique de Toulouse. Les officines participantes ont été équipées de paraboles, utilisées pour les mises à jour à distance des applications. Les résultats du projet Diabsat devraient être connus au cours du premier trimestre 2011.
L’Inde envisage le lancement de dix satellites par an
L’ISRO (Indian Space Research Organisation) projette de lancer dix satellites par an en moyenne à partir de 2010-11. En 2009/2010, l’ISRO a assuré le lancement de trois satellites : Oceansat-2, Risat-2 en collaboration avec l’IAI (Israeli Aerospace Industries) et Anusat. Le lancement d’Oceansat-2 a été accompagné du lancement de six nano satellites. Le lancement du GSAT-4 est prévu pour cet été. Puis, est prévu le lancement du PSLV-C15 dans lequel le satellite Cartosat-2B -de conception algérienne- sera embarqué ainsi que deux micro satellites, Youthsat conçu par le Canada et Studsat conçu par des étudiants du Karnataka. L’ISRO prévoit ensuite le lancement de trois satellites lourds : GSAT-5 et GSAT-6 depuis la base de Sriharikota et GSAT-8P à bord de la fusée Ariane au départ de Kourou.
Lancement de Isatphone d’Inmarsat
La société Inmarsat a fait procéder le 18 Juin dernier au lancement de son satellite "IsatPhone Pro" qui sera utilisé pour les besoins de la téléphonie mobile. Les terminaux employés à cette occasion disposent d’une antenne orientable compatible en Bluetooth, une interface de style GSM et d’un grand clavier qui peut être employé avec des gants. Le terminal est commercialisé à un prix compris entre 500 et 600 dollars. Le combiné est conçu pour un usage en milieu industriel difficile et résiste aux températures comprises entre 20 à 55 ° Celsius.
Perte du satellite américain Galaxy 15
Le satellite d’Intelsat Galaxy 15, conçu par la société Orbital et placé en orbite géostationnaire en 2005, ne répond plus aux commandes de son centre de contrôle. Ce qui semble inhabituel, c’est que le satellite soit encore complètement opérationnel et que ses transpondeurs soient toujours actifs. Il est possible que le satellite ait été victime d’un nuage de corpuscules nocifs (tempête solaire du 5 avril 2010) qui auraient endommagé les circuits de commande des voies nominale et redondante.
Galaxy 15 a donc quitté sa position orbitale à 133° de latitude Ouest, et se rapproche du satellite AMC-11 positionné en 131°. La collision des deux satellites n’est pas envisagée, mais Galaxy-15 pourrait alors interférer avec AMC-11 en réémettant les données qui lui sont destinées. Orbital et Intelsat tenteront d’éteindre le satellite Galaxy 15 en envoyant une commande avec un signal de très forte puissance. La société SES World Skies, propriétaire de AMC-11, fait accomplir une manoeuvre orbitale à son satellite afin de minimiser les risques d’interférence radio avec Galaxy 15. Pour éviter une interruption des programmes télé par satellite sur l’Amérique, son satellite SES-1 en assurera momentanément le relais. Le satellite Galaxy 15 abrite 24 répéteurs en bande C qui sont utilisés pour des services multimédia en Amérique du Nord, ainsi qu’une charge utile en bande L, utilisée pour les besoins de l’Administration fédérale américaine de l’aviation.
Les universités japonaises et leurs nano-satellites
L’université de Tokyo étudie les nano-satellites depuis une dizaine d’années. Ces nano-satellites, dont la masse est comprise entre un et dix kg, sont aujourd’hui développés pour des applications pratiques avec le concours de l’agence spatiale japonaise (JAXA) et de plusieurs PME. Le symposium de juin 2010 dédié aux micro satellites, organisé par l’Université de Tokyo, a réuni des intervenants d’Egypte, du Kenya, de Singapour, d’Allemagne, de Corée, du Mexique, du Brésil et d’Espagne. Le second symposium sur les nano-satellites aura lieu du 14 au 16 mars 2011 à l’Université de Tokyo. www.nestra.jp/NS_sympo/main_e.html
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