La télévision numérique devrait favoriser l’industrie cinématographique, par une diffusion adaptée aux différents types d’usages et de terminaux et associée à une gestion convenable des droits intellectuels des contenus. Le satellite accompagne cette évolution en permettant de délivrer des hauts débits pour des images de grandes dimensions et de haute qualité. Et après la HDTV, nous aurons l’Ultra TV !
Economie de l’industrie du cinéma
Lorsqu’un film est terminé, le négatif est envoyé à un laboratoire qui en effectue plusieurs copies, lesquelles sont transmises par le distributeur aux différentes salles de projection. Aujourd’hui, avec la production numérique, le film numérique est protégé par un système de cryptage, afin d’éviter les copies non autorisées. Lors de la projection, le distributeur local doit disposer de la clé de lecture qui lui est transmise personnellement par un canal distinct. Cette clé n’est valable que pour un nombre convenu de projections et pour une durée limitée, ces règles permettant d’établir un compte de paiement virtuel au sein de la chaîne de distribution. Les salles de projection se nourrissent des recettes issues de la fréquentation de la salle et des concessions consenties à des services de cinéma à domicile pour les foyers qui disposent d’installation adaptées ("Home Cinéma", lecteur de vidéo, console de jeux vidéo, etc.). Les grandes salles procurent des spectacles de haute qualité que bien évidemment les installations domestiques ne peuvent reproduire. Elles profitent en particulier de l’exclusivité des grands événements de l’année (théâtres, sports, opéra, jeux olympiques, etc.). L’association professionnelle DCI (Digital Cinema Initiatives) a pour ambition de définir un ensemble de spécifications utiles à la diffusion d’une architecture ouverte, à haute performance et sécurisée, afin de faciliter la commercialisation du cinéma numérique. Les sociétés Access IT, Sony et Technicolor ont rejoint cette initiative.
Le cinéma numérique par satellite
Ce segment de marché se développe régulièrement. Actuellement, aux Etats-Unis, environ 3 700 écrans, soit 10 % du parc total, sont alimentés par des canaux satellites. En général, l’écran est alimenté par un disque dur externe qui contient le film. Il est également possible de transmettre le film par un flux point à multipoint qui touche simultanément un groupe de salles et procéder à son stockage sur un disque dur de 180 Goctets jusqu’au moment de la projection. La transmission sur un canal à 50 Mbit/s demande environ 8 heures pour un film en haute définition.
En France, CGR (Circuit George Raymond), le troisième exploitant de salles obscures, va équiper en numérique 400 salles dans les villes moyennes aux normes DCI Afnor et SMPTE. Au Royaume-Uni, AAM (Arts Alliance Media) a déployé plus de deux cents écrans dans le cadre du projet UK Film Council.
L’IPTV par câble et par DSL
La télévision sur IP se diffuse aujourd’hui sur les réseaux câblés et sur les paires téléphoniques éligibles à l’ADSL. Le DSL Forum a annoncé récemment qu’en juin 2007, le parc d’abonnés en IPTV comptait 8,22 millions adhérents (dont 5 millions en Europe et un million en Amérique), soit une progression annuelle de près de 3 millions. Le haut débit dans le réseau d’accès se répartit entre le DSL (66 % du marché avec 200 millions d’abonnés), la fibre (11 %) et les réseaux câblés (22 %). Le déploiement le plus important au monde en IPTV est actuellement celui du réseau NOW de PCCW à Hong Kong, qui dessert 608 000 abonnés en télévision, soit le tiers du marché mondial. PCCW doit encore améliorer sa situation financière en ouvrant des services télévisuels à son réseau de téléphonie mobile pour des séquences ciblées. Après PCCW, vient le réseau japonais de Softbank BBTV, avec ses 180 000 abonnés, dont la croissance atteint 18 000 nouveaux abonnés chaque mois. Malgré leurs forts potentiels en clientèle, l’Inde et la Chine ne constituent pas actuellement des marchés majeurs pour l’IPTV à cause de la faiblesse des infrastructures et du contrôle des contenus effectués par les autorités de réglementation. L’audience de l’IPTV, selon iSupply, devrait doubler chaque année pour concerner 63 millions d’abonnés en 2010. L’IPTV est liée au développement des réseaux des exploitants et aux disponibilités satellitaires.
L’IPTV par satellite
Selon les analyses de Northern Sky Research, l’IPTV par satellite constituerait une offre de niche qui ne représenterait qu’un faible pourcentage du marché potentiel offert par les ressources terrestres (1,6 milliards de dollars, contre 7 milliards de dollars, pour la période 2005 à 2010). Mais pour l’économie du satellite, les vues sont totalement différentes, le satellite ouvrant des marchés géographiquement différents des réseaux terrestres. Et dès que l’infrastructure d’antenne est présente, la situation régionale n’est plus la même. La télévision payante met l’accent sur la valeur du contenu et elle permet la rétribution des droits de distribution. Cette situation est faite pour plaire aux propriétaires de contenus.
L’importance de l’installation domestique
En Amérique du Nord, les images en haute définition peuvent entrer dans les foyers connectés en accès à haut débit avec DirecTV et EchoStar qui diffusent des signaux compressés en MPEG-4, que ce soit sur des écrans plats, des tubes cathodiques ou des rétroprojecteurs. En Europe, les appartements sont plus exigus et le rétroprojecteur est peu répandu. Par contre, les écrans plats ont beaucoup de succès (90 % de l’équipement des foyers britanniques), bien que les images à 1 080 lignes ne soient pas encore prêtes à être diffusées. Le réglage du son (ou la définition du taux de compression sonore) semble encore poser des problèmes d’ajustement. Les diffuseurs allemands (ARD, ZDF) ont procédé récemment à l’élargissement de la bande de fréquences utile sur SES Astra de façon à ne pas pénaliser leurs auditeurs à ce propos pour la réception de la qualité normale (SD). L’objectif de ces diffuseurs est d’offrir des images de la qualité "cinéma" au domicile de leurs 8,2 millions d’abonnés. Il n’y a aucune raison de chercher à décevoir le marché avec des économies de largeur de bande, alors que se prépare la télévision à haute définition pour les 15 ans à venir.
La nouvelle définition en télévision "l’Ultra HD"
Le Syndicat professionnel mondial de la télévision, le SMPTE (The Society of Motion Picture and Television Engineers), qui regroupe 250 associations professionnelles du monde de l’image dans une soixantaine de pays, a récemment demandé au diffuseur japonais NHK d’étudier une norme pour une nouvelle télévision à très haute définition (Ultra-HD ou Ultra High TV) dont le nombre de lignes serait proche de 4 000. Cette vision futuriste d’un système de diffusion d’images intéresse le monde des satellites en raison des canaux à haut débit nécessaires, tout comme cette proposition passionne le cercle des industriels en terminaux domestiques. Il faut en effet, pour ce projet à long terme, envisager un mur complet pour représenter des images multiples de grandes dimensions, à partir des normes de transmission qui se sont mis en place récemment aux Etats-Unis et en Europe, le 1080i et le 720p, en 50 et en 60 Hertz. L’EBU estime que le format de transmission à 1 080 lignes en progressif pourrait suffire.
[www.smpte.org]
Les experts allemands du centre de recherche Fraunhofer HHI travaillent actuellement sur le "Panorama vidéo" à très haute résolution, un concept fait de cinq images conventionnelles en 16/9 assemblées en une seule de grandes dimensions. Renouvelant l’expérience du Cinérama et des films d’Abel Gance sur Napoléon, le système utilise deux caméras couplées pour la prise de vues. Des images de 20 m de diagonale ont déjà été projetées à l’occasion d’événements sportifs. En développement, les spécialistes préparent une caméra unique qui fournirait des images de grande qualité sous un débit numérique impressionnant à l’intention de projections dans des lieux publics ciblés. NHK envisage réaliser des écrans de 100 à 200 pouces de diagonale capables de restituer 33 millions de pixels, ainsi que tous les équipements nécessaires à cette chaîne particulière de production et de diffusion de contenus à très haute définition (caméras, stockage, écrans compatibles, etc.). La transmission sur satellite à 640 Mbit/s a été également testée dans la bande des 21 à 22 GHz.
La phase 2, qui commence en 2009, durera 5 ans et portera sur la promotion auprès du public et des professionnels, avec des démonstrations dans les musées, dans les centres de formations médicales et auprès des utilisateurs potentiels. La phase 3 s’ouvrira en 2012 avec les Jeux Olympiques de Londres et marquera sans doute de son empreinte les vingt prochaines années de la collaboration entre le satellite et la télévision.
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