Les techniques radioélectriques brillent de tous leurs feux, en cet été 2008. Différents systèmes sont encore annoncés et chacun des exploitants se prépare à lancer sa gamme de services. Mais le marché de la mobilité sera-t-il au rendez-vous espéré ? Que sait-on réellement des goûts des utilisateurs ? Seront-ils prêts en payer le prix ?
Les normes des systèmes radios se multipliant, les exploitants demandent aux industriels de permettre le jumelage de plusieurs systèmes sur les stations de base, ou bien de créer des versions qui soient compatibles entre elles, soit pour des raisons techniques et économiques liées à la vie des réseaux, soit afin d’offrir une plus grande connectivité aux utilisateurs mobiles. De la même façon, des séries de terminaux conjuguent des accès multiples de technologie voisine (Wi-Fi, UMTS et WiMAX), ce que permet d’ailleurs la technique de radio par logiciel (SDR, Software Defined Radio). Le paradoxe est présent : de la diversité normative des techniques, les exploitants veulent extraire une gestion simplifiée afin de faciliter les usages et d’améliorer leur rentabilité. Bravo à tous !
Le pullulement des émetteurs-récepteurs crée des perturbations et les systèmes de communication se brouillent mutuellement. Mais les techniciens ont des astuces merveilleuses et en réduisant les niveaux des émissions, ils autorisent, grâce à une modulation et un codage astucieux (COFDM par exemple), le fonctionnement d’un nombre toujours plus grand de terminaux mobiles dont la consommation en énergie est minimisée, ceci afin de prolonger la durée d’usage de la batterie ! Mais où sera donc la limite de toutes ces facilités ?
On peut estimer que la limite des systèmes radioélectriques pourrait être fixée par l’étroitesse des bandes de fréquences allouées à la téléphonie mobile. Mais là aussi, les techniciens ont des propositions intéressantes à formuler. D’abord, les émissions de fréquences pourraient s’effectuer sur des bandes multiples en faible puissance (UWB). Il est possible aussi de demander aux réseaux d’accès radios disponibles d’acheminer les messages eux-mêmes vers le destinataire, en fonction des disponibilités d’écoulement de trafic (Mesh Networks), comme le font déjà les FON ou Fornero en technologie Wi-Fi et comme le proposeront demain en IPv6 les réseaux mobiles (NEMO). Et le satellite n’est-il pas là pour apporter un complément utile au réseau terrestre ? L’attribution des fréquences n’est au fond qu’une convention réglementaire des usages ! L’essentiel est d’obtenir l’accord convoité.
Ces combinaisons de techniques peuvent concourir à assurer la très fameuse "convergence fixe mobile" par l’emploi des Femtostations, capables de distribuer par radio les débits numériques à la maison, mais aussi de retourner vers un réseau radio disponible l’appel ou le message destiné à un correspondant itinérant. La mobilité devient totale et la palette de services ou d’applications ne fait que de s’élargir !
"Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes", dirait Candide. Et le Docteur Pangloss pointerait alors le doigt vers les mystères de la consommation des débits dans des réseaux dont le profil de demain est encore inconnu. Que sait-on du trafic moyen produit par des millions de terminaux mobiles transportant, non plus de la voix sur IP, comme hier matin, ou des données de type "question réponse" (Client Serveur), comme hier soir, mais aujourd’hui même, du trafic égal à égal (Peer-to-Peer) ? Et même l’an prochain, lorsque IPv6 fera communiquer des centaines de milliers de capteurs entre eux avec les banques, les services de surveillance, les hôpitaux, les autoroutes, que fera le réseau s’il est surchargé ? Comment feront les exploitants pour équilibrer leur budget si le pourcentage d’utilisateurs demeure faible ? Et comment facturer un trafic très diversifié et mouvant ? Où prendrons nous les fréquences nécessaires pour toutes ces applications ?
Fort heureusement, les techniciens ont caché certains de leurs petits secrets avec le concours des exploitants. Il existe encore des réserves technologiques et des brevets à prendre. Goûtons voir si le vin frais de la gamme des services radioélectriques de cette année est bon et agréable. Le marché décidera par lui-même des nouvelles orientations à prendre en fonction des réactions du public. La mobilité a ouvert la porte à la convergence à haut débit des systèmes radioélectriques différents avec les réseaux fixes (en cuivre et en fibre optique). Mettons là d’abord en œuvre et regardons comment le marché réagit. La réglementation s’opérera toute seule ! A votre santé !
Sur ce thème inépuisable, cette livraison comporte, en plus de la traditionnelle rubrique des Actualités, un aperçu des efforts déployés par les exploitants de réseaux radioélectriques (voir l’article "La mouvance des réseaux radioélectriques") et un résumé des dernières nouvelles reçues relatives aux services mobiles (voir l’article "Diversité des services offerts par les terminaux mobiles"). Et pour vous permettre de disposer de quelques lectures au bord de la plage, nous avons joints à cet envoi la mise à jour de deux Dossiers Technologies, centrés sur la fibre optique (voir le dossier "DT N° 05" et le dossier "DT N° 06").
Bonne lecture et bonnes vacances à toutes et à tous !
The third International IEEE Conference on RFID , Les 27 et 28 Avril 2009, à Orlando, Floride ... [suite]
IEEE WCNC, Du 5 au 9 Avril 2009, à Budapest, Hongrie, Wireless Communications (...) ... [suite]