On ne saurait tout connaître ! Et si la normalisation des TIC peut rester un domaine obscur, même aux yeux de certains techniciens qualifiés, l’évolution des normes demeure pour beaucoup encore un phénomène impossible, voire irrationnel. Deux exemples récents démontrent pourtant que rien n’est acquis de façon stable dans le monde pourtant logique des technologies de l’information.
Rumeurs infondées sur SIP et H.323
Des rumeurs diffusées vers plus de dix mille correspondants (hélas !) ont pu laisser croire, en ce début du mois de Mai 2008, que Orange opérait une révolution silencieuse de protocoles, passant, sur ses LiveBox, du "protocole fermé H.323" au "protocole ouvert SIP" ( ?? .. !!!), les explications techniques étayant le propos étant fournies, ce matin là, par le rédacteur de service de chez Wikipedia. Mais dans quel monde de la communication sommes-nous donc ? Et le commentateur d’ajouter innocemment "Avec la stabilité du SIP, c’est en tout cas ce protocole qui revient en force". (Du coup, mon chapeau en est tombé à la renverse !).
Car enfin, Orange dispose bien d’un service de communication opérationnel qui aurait pu être utilisé au lieu et place de Wikipédia pour informer les Internautes. Faute de mieux, essayons, par nous même, de rétablir l’ordre des choses. Le protocole SIP, né à l’IETF, a été retenu, pour une partie de ses fonctions par le 3GPP, instance de normalisation chargée des mobiles. L’ETSI a demandé au groupe TISPAN de faire le ménage dans les différentes options de ce protocole fleuve présentées et défendues par de nombreuses entités techniques, afin d’en présenter une version unique et non ambiguë pour tous les média. Ce travail est en cours depuis neuf ans et la septième version (provisoire) vient d’être rendue disponible au début d’avril dernier pour transmission à la Commission d’études 16 de l’UIT-T, sous le nom du projet "Advanced Multimedia System" (AMS). AMS doit viser à établir un système de communication multimédia de nouvelle génération permettant un fonctionnement harmonieux "dans les domaines où les protocoles actuels SIP et H.323 ont encore du mal à se comprendre". Selon l’UIT-T, "AMS constitue une étape nouvelle du travail à accomplir et la Commission d’étude 16 garde cependant le moral quant au succès futur de cette entreprise dont les premiers travaux ont déjà reçu un support réel".
En conclusion, la progression des travaux de normalisation demeure encore mal connue, Orange communique assez peu avec ses clients et à l’heure du Web2.0, les Internautes se laissent trop volontiers esbaudir par de la propagande naïve au lieu d’aller cueillir directement les bonnes informations sur le site de l’UIT-T [www.itu.int]. Il faudra encore de longs mois avant que l’on assiste à la naissance d’un protocole SIP unique, issu des travaux de l’AMS. Lorsque Orange bricole quelques boîtiers Livebox sans en parler au support technique informatique des entreprises, la rumeur enfle spontanément et à chacun sa vérité ! Orange n’a pas encore fait le lien entre une bonne communication et la valeur de son titre en Bourse ! Dommage ! Et la version tant attendue de la norme relative au protocole SIP unifié n’est pas encore disponible.
Le brouillard des micro-ondes menace l’humanité
Le danger présenté par l’emploi des téléphones portables avait d’abord pris, aux yeux de l’opinion, la forme d’une image proche de celle du monstre du Loch Ness. Le thème apparaissait de façon récurrente, sans preuve scientifique et sans fondement médical avéré. Et puis, récemment Yves Calvi, le dynamique animateur de l’émission télévisée "C’est dans l’air", a lancé à ce sujet une sérieuse mise en garde. L’emploi des téléphones portables, aujourd’hui pratiqué par trois milliards d’individus, apparaît aujourd’hui dangereux, parce que l’effet du nombre souligne le phénomène d’agressions du brouillard des micro ondes. Près de 300 000 personnes sont reconnues comme "électro sensibles" en Suède, et près de 10 % en Belgique présenteraient des symptômes d’hyper sensibilité chimique et aux rayonnements. Depuis 2000, les compagnies de réassurance n’assurent plus les sociétés de téléphonie mobile en responsabilité civile pour les effets électromagnétiques. Sans pouvoir expliquer totalement les phénomènes, les scientifiques commencent à lancer des mises en garde vis-à-vis de la durée de l’exposition aux micro-ondes à rayonnement permanent (oreillette en Wi-Fi, DECT, Bluetooth, etc.). Sept des treize pays européens participant à l’étude Interphone depuis dix ans auraient livré leurs résultats et ces derniers seraient alarmants. Le risque de cancer est faible, mais il existe nettement pour les enfants de moins de douze ans et les femmes enceintes. Le champ électromagnétique pulsé à basse fréquence serait dangereux, et il convient de s’en protéger. Une nouvelle médecine de type environnemental est en cours de développement, qui met en avant le "débit d’absorption spécifique" de téléphonie mobile (DAS). Le "smog électromagnétique" désorganiserait les tissus humains et créerait des perturbations dans les cellules, se manifestant par des acouphènes, des problèmes de sommeil, des apparitions de cancers et des symptômes fonctionnels difficiles à mettre en évidence, mais plausibles. Il faut donc développer l’information du public, et demander aux industriels constructeurs d’équipements et aux exploitants de réseau (lesquels ne sont que les installateurs) de définir, avec les spécialistes de la santé, de nouvelles normes relatives aux rayonnements admissibles.
Le contenu des normes évolue en fonction des connaissances acquises et selon la prise de conscience des organismes responsables. Sur ce thème de la dangerosité des ondes électromagnétiques, il aura fallu 1 500 études et plus de quinze années de recherches avant que les doutes fassent place à des débuts de certitudes, sans toutefois disposer encore de preuves irréfutables. Le "Grenelle de l’environnement", pavé de bonnes intentions, devrait stimuler les structures administratives de la réglementation pour assurer le suivi normatif nécessaire. Reste à savoir qui prendra enfin l’affaire en mains, et dans quel délai ?
MINATEC , Le 20 Mars 2009 - Grenoble, Cette journée est co-organisée ... [suite]
MAM2009 (Material for Advanced Metallization), Du 8 au 11 Mars 2009 - Grenoble ... [suite]