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L’absence de références de l’Informatique en nuage
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1er mars 2010 - Magazine - Réseaux
L’informatique en nuage (ou Cloud Computing) est proposée aux entreprises à un moment qui n’est pas favorable. Il existe encore peu de références de l’intérêt économique et de la fiabilité de cette technologie. Et, comme dans la fable du « Renard et les Raisins », beaucoup s’en détournent avec de bonnes raisons (pour le moment !).
A la recherche de la définition des contraintes

La technologie du "Cloud Computing" permet aux entreprises d’externaliser leurs ressources numériques - serveurs, logiciels de messagerie électronique ou de paie -sur des plates-formes virtuelles accessibles grâce à un système d’identification, par un ordinateur. Les entreprises peuvent mutualiser leurs ressources et accéder rapidement à des capacités de stockage et de calcul supplémentaires. L’informatique en nuage (ou Cloud Computing), bien qu’elle soit encore un univers en formation, attire cependant l’attention des investisseurs. L’activité actuelle des centres de recherche se focalise principalement sur la définition de la sécurité au sein des services de Cloud Computing. Les développeurs sont plus confiants dans la capacité de cette nouvelle offre de service que ne le sont les acheteurs potentiels et il convient de persuader ceux-ci que le Cloud Computing n’est pas plus fragile que ne le sont les services informatiques hébergés dans les locaux même des utilisateurs professionnels. Mais les utilisateurs potentiels expriment leurs réticences vis-à-vis de la gouvernance de leurs propres données par un tiers qui aurait aussi à gérer les informations de groupes professionnels concurrents. Aussi, pour réduire ces craintes, les promoteurs du Cloud Computing ont créé une entité mixte, appelée ECBC (Enterprise Cloud Buyers Council) qui réunit à la fois la clientèle potentielle et les concepteurs de cette nouvelle informatique afin de mieux diffuser l’information. Il apparaît que la technologie actuelle du Cloud Computing est déjà rentable pour les PME. Pour les sociétés importantes, deux types de Cloud sont disponibles, l’un privé pour les usages courants et l’autre pour les besoins qui se manifestent dans l’urgence. Les très grandes entreprises sont encore perplexes et formulent des exigences particulières. L’ECBC coopère avec le DMTF (Distributed Management Task Force) et le Cloud Security Forum sur les aspects de la sécurité et le partage d’expériences est particulièrement utile.

Le Cloud Computing et le Congrès américain

Le Congrès américain a mis en place une Commission dédiée au commerce dont la mission consiste à veiller également aux aspects réglementaires et à la sécurité des informations des consommateurs. Le Cloud Computing a en effet la possibilité de stocker des données sensibles relatives aux citoyens sans que ces derniers aient la possibilité d’utiliser un moyen de contrôle sur l’usage possible de ces informations. Une campagne d’information et de réflexion est en cours sur ce thème.

Les entreprises hésitent encore

Le Web2.0 avait promis des miracles et si la technologie est belle et fort attrayante, les revenus sont encore à espérer. Les grandes entreprises se demandent donc s’il est opportun de se lancer dans le Cloud Computing à un moment où l’économie est encore sous le choc des problèmes monétaires. La capacité d’investissement est mince et pour l’ensemble des raisons évoquées, les décideurs, tout comme le héron de la fable, préfèrent en avancer d’autres, qui paraissent plus logiques et justifient leur position dans l’attentisme. Le manque d’expériences sur cette technologie fait encore défaut et les secteurs d’activité pour lesquels le Cloud semble indispensable ne sont pas très bien définis. Les résultats de l’enquête lancée à ce propos par British Telecom à l’intention du monde des entreprises semblent bien clairs : "le niveau d’investissement en Cloud Computing sera probablement au niveau des espérances de croissance de l’économie en 2010" ! Au fait, le Cloud Computing constitue t-il un moyen sérieux pour économiser des crédits de fonctionnement ? Les entreprises en doutent, bien que le paiement de location de logiciels en fonction du temps d’utilisation soit sans doute moins onéreux que l’achat de ceux-ci. A l’idée que les informations sensibles de l’entreprise soient hébergées "overseas", les dirigeants des entreprises britanniques palissent ! Trop loin, disent-ils, et trop cher à rapatrier en cas de besoins. Et ces grands nids d’informations sensibles vont attirer les pirates les plus rusés du monde entier ! "Une bonne raison pour ne pas entrer dans le Club du Cloud Computing", ont conclu un bon nombre de responsables d’entreprise, pendant que d’autres s’y engagent discrètement afin de pouvoir faire glisser des fonds de la colonne "Investissements" dans celle des coûts d’exploitation !

Nouvelles offres en "Cloud Computing"

Atos Origin a annoncé le lancement d’une offre de "Cloud Computing" au niveau mondial, appelée "Atos Sphere". Cette offre sera configurée en fonction des besoins des clients et s’appuiera sur le réseau de centres de données Atos répartis dans le monde. Le service sera fourni à la demande et facturé à l’usage. Selon le "Wall Street Journal", Google pourrait aussi proposer une offre de logiciels en ligne pour les entreprises (communication et de bureautique), dans le cadre de Google Apps sur le principe du "cloud computing". Deux millions d’entreprises ont déjà souscrit à Google Apps dans le monde. IBM a signé un contrat pour la messagerie électronique de Panasonic (100 000, puis 380 000 personnes). Microsoft et Hewlett-Packard ont conclu un partenariat de trois ans pour fournir une offre de "Cloud" aux entreprises. Microsoft a déjà une offre en "Cloud Computing" (Microsoft Online Services) qui connaît un bon démarrage auprès des entreprises avec 1,2 millions de postes dans le monde et 40 000 en France. Selon le cabinet Gartner, en 2010, les budgets informatiques devraient augmenter de 1,3 % dans le monde et de 0,44 % en France. Selon le cabinet IDC, le marché du "Cloud Computing" pourrait atteindre 44 milliards de dollars en 2013. Les priorités technologiques semblent aujourd’hui orientées vers le "Cloud Computing" et la "virtualisation" (serveurs et stockage), loin devant la "business intelligence".
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