Ces dernières années, nous avons vu la compétition s’accroître entre les exploitants alors que le nombre de leurs fournisseurs en équipements de réseau diminuait.
D’autre part, dans le monde, les rédacteurs en logiciels et des constructeurs de terminaux ont fourmillé d’idées pour la mise en place d’applications innovantes. Ces quatre grands mousquetaires des technologies de l’information médiatique et de la communication travaillent de façon solidaire puisqu’ils participent à une même chaîne de valeur qui va du réseau au terminal porteur d’applications associées à des plateformes logicielles. Mais chacun de ces acteurs cherche à franchir la frontière et à s’approprier un morceau de territoire propre à ses partenaires. Google entre dans le marché des terminaux, Orange distribue des programmes de télévision, Apple quitte l’informatique pour entrer dans la téléphonie, etc. Et pourtant, les réseaux et les marchés ne sont pas si facilement extensibles. Il faut l’avouer, la crise économique rend difficile l’équilibre financier dans des parts de marché qui se rétrécissent et exigent néanmoins de lourds investissements. En ces temps incertains, l’innovation et la créativité qui agitent le domaine des TIC surprennent, car, en général, les marges se réduisent.
L’amélioration en débit de la 3G, avec le WiMAX et le LTE, rentabilisera t-elle l’extension des réseaux, le maintien de la qualité de service 365 jours par an et la création des nouvelles applications ? Déjà, la chaîne de valeurs est distendue et AT&T a proposé d’abandonner à lui-même le réseau téléphonique classique (RTPC). Le public est partagé entre les avantages d’un service téléphonique vocal classique à 99,999 % de fiabilité et des applications VoIP payées au forfait sans garantie formelle de service (voir notre rubrique « Réseaux, le crépuscule de l’aïeul »). Même si la téléphonie mobile réjouit une partie du public, il demeure encore des zones non couvertes par les antennes et il reste à séduire des clients réticents. Comment équilibrer les investissements nécessaires aux nouvelles technologies à haut débit et continuer à financer la maintenance et l’entretien des équipements d’hier dans un marché qui se fragmente ? Ce marché global représente actuellement un total annuel de quatre mille trois cents milliards de dollars et des économies sont nécessaires, soit par des choix techniques, soit par la suppression de certains acteurs. Après les banques, l’automobile et le transport aérien, les technologies de la communication devront réduire leur voilure et rationaliser les investissements. Mais d’où viendra l’incitation ?
Les gouvernements et les instances de réglementation ne peuvent intervenir sur le plan de la sélection des normes les plus adaptées à la situation économique actuelle. Il faudra donc que chacun règle la facture de la mise en place tardive de l’IPv6 (voir la Gazette de l’IPv6), de l’adaptation correcte aux réseaux de l’IMS (IP Multimedia Subnetwork) pour laquelle certains acteurs industriels déclarent aujourd’hui que si cette architecture est utile, elle n’est pas essentielle à la distribution vidéo en flux continu, du développement de l’informatique en nuage (Cloud Computing), à la fois vantée et décriée, etc. Trop d’innovations devrait pourtant mettre en garde les utilisateurs. La « bulle de la technologie » conduit les acteurs à entrer dans des domaines qu’ils connaissent mal et le « risque de l’exaflood » ou celui de la perte de clientèle menace des audacieux irresponsables. Une solution pourrait consister à adapter les principes tarifaires de façon à inciter à l’usage de technologies les plus rationnelles. Les pays qui mettront en œuvre cette nouvelle stratégie de facturation des hauts débits seront sans doute ceux qui sont pénalisés par les plus graves problèmes d’écoulement de trafic.
La livraison de cette quinzaine est accompagnée par la remise à jour des Dossiers Technologiques 1 et 34 agrémentée des traditionnelles dernières nouvelles de l’Actualité des TIC. Bonnes lectures et bonne quinzaine.
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