Sachez-le bien ! La France bénéficie, sur le plan international, d’une réputation inimitable et inimitée ! D’abord, en gastronomie ! Depuis l’origine des temps, chacun sait que les Français ont toujours cuisiné parfaitement le mammouth et fignolé la préparation du fromage et du beaujolais nouveau ! Et en IPv6, sachez que c’est une question d’honneur pour tous ceux qui participent à la préparation des normes de communication de paquets. Car, vue de l’étranger, la France demeure aussi au premier rang de la mise au point du protocole IPv6 ! Une double notoriété dont il faut avoir conscience et qu’il va falloir continuer d’assumer !
Premier déploiement IPv6
On peut rappeler le premier succès d’un déploiement IPv6 opérationnel en 2008 réussi par SFR, exploitant de réseau mobile cellulaire 3G, dans le cadre du projet européen Anémone (avec participation pour la France de l’INRIA, Telecom Bretagne, Université de Rennes, Thalès et SFR - et de laboratoires finlandais et italien). Ce service opérationnel avait été testé avec des téléphones Nokia équipé d’un logiciel "Mobile IPv6" pour la gestion de la mobilité.
Les structures françaises pour la promotion d’IPv6
Du côté français, le G6 (Association française créée en 1995 pour la promotion du protocole IPv6 et la transition IPv4 vers IPv6), Renater, l’AFNIC ont beaucoup œuvré au déploiement d’IPv6 en France et se dépensent encore sans compter à cette tâche. Selon l’IETF, le rôle éminent joué par le G6 n’a pas d’équivalent dans le monde (voir le blog de l’IETF à ce sujet).
L’IPv6 Task Force France (TFF) a joué un rôle pivot dans la progression de IPv6 en France. Intégrée désormais au G6, elle a participé avec le G6, sous le nom de "Groupe de Travail G6 : IPv6 Promotion", à l’organisation du Sommet "V6 World Congress 2011" à Paris, Cisco ayant accepté de jouer le rôle de sponsor éminent. Ce Congrès a été, de l’avis des participants, l’un des premiers du genre à diffuser dans son Forum autant d’informations et d’idées concrètes vers les exploitants de réseau et vers les experts de l’industrie mondiale. Le G6 a été créé pour faciliter la mise en œuvre d’IPv6 et pour permettre la création des applications correspondantes. Enfin, le réseau RENATER constitue à la fois un outil important et une structure essentielle pour la recherche et l’enseignement en IPv6. Sa vocation vise à simplifier le travail de coopération entre la recherche française et ses partenaires du monde entier.
Le cas du Japon
N’oublions pas cependant le cas du Japon, avec le projet WIDE qui a pour objectif de mettre IPv6 en pratique sur tous les points sensibles de son réseau. Ainsi, les serveurs de messagerie DNS/web de la majorité des membres institutionnels de WIDE sont accessibles en IPv6 depuis 10 ans. Les "WIDE camp" mettent systématiquement en place un réseau IPv6 dans les hôtels où ils se réunissent (200 personnes pendant trois jours) depuis au moins dix ans et ils mettent ces dispositions en pratique lors des réunions IETF de Yokohama et Hiroshima. Déjà, en 2001, le réseau du laboratoire du Professeur Jun Murai à Keio University était exploité en IPv6 pour le bénéfice de ses 150 utilisateurs (personnels et étudiants chercheurs) et il est administré par les étudiants eux-mêmes. Bref, l’enseignement et la maîtrise de l’exploitation en IPv6 sont conjugués par la pratique quotidienne. Il est certain que la personnalité de Jun Murai a beaucoup aidé à cette diffusion des savoirs, dans un pays où un notable de l’Académie peut convaincre facilement un industriel de s’impliquer sans retour dans un investissement rapide. Jun Murai a convaincu plusieurs entreprises, dont Hitachi, Yokogawa (l’équivalent de Legrand ou Scheider Electric), NEC, Toshiba, etc. pour mettre à disposition des ingénieurs pendant quelques années afin de développer cette pile IPv6 qu’il faut apprendre à connaître.
www.wide.ad.jp/project/Internet.html
Le trafic mondial en IPv6 aujourd’hui
Aujourd’hui, selon des mesures d’observations de trafic effectuées par Google, le réseau français génère plus de la moitié du trafic international en IPv6. Selon le site http://tinyurl.com/5u3eorn, ce ruban bleu détenu en matière de flux de trafic IPv6 vient du succès des activités des associations diverses créées au cours des dix dernières années par la France pour la promotion de IPv6. En France, l’Association G6, tout comme le fait aussi Cisco, étudie toute mesure de coordination susceptible de faciliter la transition entre IPv4 et IPv6
Ce trafic IPv6 vient principalement du fournisseur Free (AS12322) en mode natif, lequel communique vers ses partenaires équipés en "6rd". La solution dite "6rd" est d’origine française (Rémi Després) et a ensuite été standardisée à l’IETF après le succès du déploiement chez Free, à l’initiative de Rémi Després.
Orange, du groupe France Télécom, participe également à cette création de trafic suivi, plus récemment, par SFR. Pour effectuer la transition, SFR a choisi la solution Cisco, appelée "Carrier-Grade Internet Protocol Version 6 (CGv6)" sur ses routeurs Cisco ASR 1000 Series, ce qui devrait permettre bientôt l’accès en IPv6 à ses 4,6 millions d’abonnés professionnels et résidentiels.
Le déploiement global d’IPv6 en France est en bonne voie et dans les conditions actuelles, il faut maintenir l’avance française. Il faudrait probablement une implication plus forte des industriels en liaison avec le monde académique pour bien agréger la valeur dans tout l’écosystème des communications, en rapport avec les nouveaux usages de l’Internet.
Autres travaux en IPv6
Sans vouloir être exhaustif sur ce thème, sachez que beaucoup d’autres experts dans le monde se penchent sur IPv6, tels que Comcast aux Etats-Unis, Rogers au Canada et Telecom Argentina, etc. qui ont réalisé des déploiements en IPv6.
Salon INTERNET WORLD , Du 24 au 26 Avril 2012 à Londres, INTERNET WORLD : l’évènement ... [suite]
Séminaire IPv6, Le 11 Avril 2012, à Telecom ParisTech., Le G6 organise un séminaire ... [suite]