La fonction dite de "mobilité" permet à l’utilisateur en déplacement d’établir des connexions de bonne qualité à l’aide de son terminal portable préféré, où qu’il soit et au moment où il le souhaite. Ces connexions peuvent être de type vocal ou concerner des données. Pour assurer la meilleure qualité possible, la solution la plus adaptée doit-elle être fournie par le réseau (et en IMS, dans le cadre du NGN) ou par la terminaison d’accès équipée d’une femtocellule ? Le réseau de distribution de contenus (CDN) répondra t-il, par sa spécificité, ses performances et son prix de revient, à l’espoir exprimé par la clientèle mobile orientée vers le haut débit ?
I - Les contraintes imposées par la mobilité
La mobilité en communication, qu’il s’agisse du service vocal ou du services de données, séduit de plus en plus les professionnels et le grand public. Toutefois, les contraintes techniques sont plus fortes en mobilité et en liaison radioélectrique, qu’en connexions fixes et filaires. L’évolution des usages, autorisée par la technologie, augmente le niveau des contraintes lorsqu’il s’agit d’applications en haut débit (supérieures à 100 kbit/s), par exemple, dans le cas de consultations de sites d’information sur Internet, ou d’achat avec paiement en ligne, de transfert d’images fixes ou animées (télévision à haute définition, vidéo, webinars, visioconférence, etc.), de transactions de télépaiement, de téléchargements de logiciel, de jeux en ligne, etc. La grande distribution, les grands industriels, le commerce B2B et B2C, ont de plus en plus recours à des transferts de données rapides sur Internet pour la mise à jour de leurs logiciels d’antivirus, pour les "widgets" et logiciels téléchargeables (SaaS, software as a service), pour le catalogage, la documentation, les flux RSS, etc. Ces applications ne peuvent être développées sur des réseaux qui peuvent connaître des états de congestion. Elles nécessitent d’autre part une garantie de sécurité sur les transactions, des temps de latence très courts, et pour certaines d’entre elles, une transmission en "tunnel" sans erreur. Le déplacement de l’utilisateur astreint le terminal à changer de réseau d’accès et cette mobilité ajoute une contrainte supplémentaire aux paramètres évoqués ci-dessus. La variété des options techniques et la nécessité d’une protection sécuritaire rendent complexe et coûteuse la gestion de la mobilité, dont la charge financière incombe souvent aux entreprises.
II - La mobilité dans le réseau filaire
L’abonné qui doit s’absenter, renvoie sa ligne d’appel vers un automate qui prendra en charge la réponse ou bien retournera les appels sur un autre poste du réseau désigné au préalable. Le "renvoi d’appel" est pris en compte par le réseau général en fonction de sa technologie (autocommutateur de l’entreprise, commutateur de classe 5 du réseau, ou fonctions de réseau intelligent, etc.). Le service est taxé comme tout service disponible et si la connexion passe du statut de communication locale à celui d’appel à grande distance, le compteur sera incrémenté en conséquence en fonction de la distance et de la durée. Le numéro de l’abonné demandé peut être "conservé" malgré l’opération de transfert (portabilité des numéros fixes) grâce à un "serveur de portabilité".
Dans le cas des abonnés dits en ‘dégroupage partiel’, la bande de fréquences inférieures est dédiée au service vocal fourni par l’exploitant historique, la partie supérieure est acheminée chez un exploitant de la concurrence qui assure les services numériques à haut débit. Dans le cas du "dégroupage total", les deux bandes de fréquences vont à la concurrence et, en France, l’exploitant de la concurrence fournit un service VoIP qui ne nécessite pas de commutateurs classiques.
III - La mobilité dans les réseaux radios (DT N°07, 34, 35 et 36)
Dans ce cas, le terminal ou le portable de l’abonné est lui-même mobile. Pour que la connexion soit établie, il faut que le réseau de téléphonie mobile parvienne à trouver rapidement dans quelle cellule se trouve l’abonné demandé. Or, cette information est accessible dans la base de données des abonnés et dans le répertoire des abonnés qui ont récemment utilisé le réseau. Au pis aller, si l’appel n’est pas fructueux, l’abonné mobile peut s’être déplacé pour aller dans une des cellules voisines. Comme le délai imposé est court, si la connexion ne peut être établie, le demandeur a la possibilité de laisser un message dans la boîte vocale de son correspondant. Dès que le réseau décèle un mouvement de l’abonné demandé (présence silencieuse – terminal sous tension - ou tentative d’appel de sa part), un avis d’appel lui est transmis. Le réseau "piste" les terminaux de ses clients au cours de leurs déplacements.