Un système d’affichage doit être performant et fournir de belles images bien nettes. Après les variations de taille d’écran, la panoplie disponible s’enrichit sans cesse de nouvelles technologies d’affichage ! En voici un bref panorama.
Lors de la création de la télévision, on a estimé que pour une vision confortable, le téléspectateur devait se trouver à une distance de l’ordre de 3 à 6 fois la valeur de la diagonale de l’écran du téléviseur, soit entre 3 et 4 mètres. Mais aujourd’hui, les afficheurs rassemblent plusieurs techniques et le marché propose des écrans de téléphones portables que l’on peut regarder à 15 ou 20 cm, des écrans plats de plus d’un mètre de diagonale que l’on peut contempler à 2,50 m ou des écrans de projection lisibles à travers la rue, de jour comme de nuit. Les systèmes d’écrans dont sont équipés les terminaux raccordés en haut débit dépendent beaucoup de la façon dont les technologies sont acceptées par les utilisateurs.
1 - L’image télévisuelle
Après avoir imité le cinéma avec son format 4/3 (rapport de 1,33), la télévision s’est essayée aux films panoramiques (1,66 et 1,85), puis elle a retransmis ceux du cinémascope (2,35 et 2,55), qui apportent une sensation de réalisme. Le format 16/9 (1,77) donne un confort visuel appréciable. Les formats retenus pour la télévision (4/3 et 16/9) ne peuvent être compatibles entre eux qu’avec des masques d’image.
La fréquence de répétition des images est déterminée par la persistance des images sur la rétine (entre le dixième et le vingtième de seconde). Dans la pratique, le rythme de répétition des images est de 24 images par seconde pour le cinéma, et pour la télévision de 25 i/s (Europe) ou de 30 i/s pour l’Amérique du Nord.
L’image télévisuelle est décrite horizontalement ligne par ligne, l’ensemble des lignes d’une image portant le nom de trame. La restitution d’une image couleur est basée sur l’addition des trois composantes fondamentales rouge, vert et bleu (RVB). Le temps de rémanence de la substance qui recouvre l’intérieur des tubes de télévision créerait un scintillement désagréable et une occupation de la largeur de bande plus importante si le balayage en vertical était effectué en une seule fois. Aussi l’image est-elle décrite en deux temps : d’abord les images de rang impair composées des trames de rang impair, puis, entrelacées dans les premières, les trames de rang pair des images paires. Le système de doubles trames entrelacées, conçu pour diminuer l’effet de " papillotement " (flicker), a été commun à toutes les réalisations de télévision analogique. Il est possible aujourd’hui d’effectuer un balayage progressif (comme sur les ordinateurs) à condition de doubler la fréquence de balayage pour éviter ce papillotement. Trois types de balayage, en mode entrelacé ou progressif, à 1 080, 720 et 480 lignes, sont admis en télévision numérique à haute définition (TVHD).
2 - Le tube à rayons cathodiques
2.1 - Principes
Le tube à rayons cathodiques (CRT, Cathod Ray Tube) est un gros tube électronique dans lequel règne un vide relatif. Les points de l’image sont affichés sur l’écran du CRT grâce au courant d’électrons émis par le filament du tube et un jeu de plaques portées à un haut potentiel qui génère le balayage. Les électrons illuminent des petits grains de phosphore qui mémorisent pendant un court instant la surface interne du tube, ce qui permet la restitution de l’image.
Ce tube CRT nécessite une haute tension électrique pour les plaques, et pour cette raison, c’est un ensemble lourd et fragile. Les coins de l’image sont déformés par la géométrie du tube (qui n’est pas plan, pour des raisons physiques). Cependant, l’image du CRT peut être regardée même si l’on se trouve de côté. Le balayage des trames des images laisse des trames en dehors du champ de vision (en haut et en bas de l’écran) qui peuvent être utilisées pour la transmission de signaux de maintenance des liaisons ou l’affichage d’informations sur l’écran du téléviseur (mode télétexte). Sur les 625 lignes du système PAL, seulement 585 sont utilisées pour la reconstitution des images visibles.
2.2 - Obsolescence du tube cathodique
Depuis un siècle environ, l’affichage des images télévisuelles s’effectue grâce aux tubes cathodiques (CRT), que l’on sait lourds, volumineux et gros consommateurs d’énergie. Leur production représente encore 270 millions d’unités par an et concerne des unités industrielles assez anciennes.
Mais, poussée par la concurrence, l’industrie du CRT s’est repositionnée récemment (notamment avec Philips Display) sur la réalisation de tubes grand écran (de diagonale de 32 pouces, soit 82 cm) et de faible profondeur (35 cm). En Corée, Samsung SDI a annoncé la réalisation en série en 2007 de CRT de nouvelle conception de tube pour terminal télévisuel de moins de 20 cm de profondeur pour un prix relativement bas. On annonce des projets de réalisation de CRT pour la télévision en 38 pouces (96 cm), qui correspondent à la taille (et au poids) maximum que peuvent accepter les livreurs, compte tenu de la dimension des portes des habitations. Des solutions de CRT à grands écrans, aux faces planes, aux profondeurs réduites et à haute résolution (0,4 à 0,7 mm = pas des pixels), sont recherchés afin d’assurer la survie du CRT dans les vingt prochaines années.
Il faut noter que la qualité des images couleurs animées fournie par un CRT demeure encore actuellement une référence encore inégalée par les autres types d’affichage.
3 - Les écrans plats
3.1 - Objectifs
Le développement de l’informatique a conduit à élargir le marché des systèmes d’affichage et à influencer l’évolution de l’affichage télévisuel. Différentes techniques sont utilisées pour la réalisation de la nouvelle génération d’écrans. Ces écrans sont plats (quelques centimètres d’épaisseur) et ils devraient en principe consommer moins de puissance et bénéficier d’une durée de vie au moins égale à leurs prédécesseurs. Les industriels se sont spécialisés soit dans des réalisations d’écrans de grandes ou de petites dimensions, en monochrome ou en couleur. Plusieurs techniques industrielles spécialisées ont été mises au point ou sont encore en évolution, qui visent soit l’usage personnel (avec de petits écrans), l’usage familial ou la projection en public. Toutes les nouvelles unités de production ont pour ambition de viser de larges parts des marchés mondiaux de la télévision et de l’informatique avec le plus grand nombre de couleurs. Le développement des écrans LCD (Liquid Cristal Display) et des écrans à plasma pour l’informatique réduit le marché potentiel du CRT. D’autres évolutions technologiques se sont manifestées récemment.
3.2 - Ecrans à cristaux liquides (LCD)
3.2.1 - Ecrans LCD - CSTN
Les écrans LCD couleur à matrice passive (Color Super Twisted Nematic) disposent d’une structure de pixels disposés en matrice. Les pixels se trouvent à l’intersection d’un réseau de lignes et de colonnes d’électrodes. Des séquences d’adressage permettent d’appliquer une tension de commande pour exciter les pixels constitués de molécules de cristaux liquides agencées en hélice avec des torsion compris entre 180 et 240°. Des filtres colorés apportent la couleur. Les performances en contraste, en angle de vision, en définition, en temps de réponse et en température sont inférieures à ceux des afficheurs LCD-TFT. Les écrans LCD à matrice passive demeurent moins coûteux que les OLED. Le créneau industriel des OLED est moins dynamique et il est surtout le fait de la production à Taïwan.
La technologie SFD (Super Fast Display) proposée par l’industriel chinois Tianma améliore les performances des LCD CSTN de petites et de moyennes dimensions (en prix et en temps de réponse) en réduisant l’épaisseur des cellules LCD et par l’emploi de cristaux liquides à faible viscosité.
3.2.2 - Ecrans LCD - TFT
Les écrans à matrice active (Thin Film Transistor Liquid Crystal Display) utilisent, dans leurs matrices, des transistors en couche mince (les TFT) qui mémorisent, pendant le temps nécessaire entre deux adressages de la matrice, l’information électrique présentée de façon périodique. Des diodes en couche mince peuvent être utilisées à la place des transistors. Cette famille d’afficheurs, conçus pour remédier aux faiblesses des LCD-CSTN, connaît un grand succès pour tous les formats. Un afficheur LCD-TFT peut reproduire une image au quart du format VGA (QVGA), soit 320 par 240 pixels ou de 640 par 480 pixels, avec une résolution de 368 pixels par pouce (0,069 mm entre deux pixels !). De 4 096 couleurs, les LCD sont passés à 262 144 couleurs.
Les prix des écrans LCD-TFT à matière active de plus de 30 cm de diagonale (12 pouces) baissent régulièrement de 5 % chaque mois par suite de surcapacité de production. La société chinoise commune à NEC et à SVA, située à Shanghai devrait fournir en série de grands formats d’écrans LCD-TFT. L’écran à cristaux liquides de 82 cm devrait descendre à 2 000 € avant deux ans, ce qui devrait faire décoller le marché.
Le Japon (Toshiba Matsushita, Hitachi, ST LCD, Casio, Epson, Sanyo, Sharp) s’est spécialisé dans les LCD-TFT de petit format, notamment ceux destinés aux radiotéléphones. Des afficheurs en LCD-TFT à 100 pixels par pouce sont disponibles sur substrat plastique.
3.2.3 - Ecrans LCD-CCFL
Le rétro éclairage des écrans est habituellement fourni par des lampes luminescentes à cathode froide (CCFL). La tendance aujourd’hui est de substituer à celles-ci, même pour les grands formats d’écran, des diodes électroluminescentes (DEL) qui au prix d’une plus forte consommation et d’un coût un peu plus élevé, présentent de nombreux avantages : meilleur rendement lumineux, bien meilleur rendu optique des couleurs, durée de vie plus longue (100 000 heures), écologie améliorée (sans mercure), etc. Le rôle de ce transistor (ou de cette diode) est de mémoriser le temps de la durée d’affichage complet de l’image l’information électrique périodique relative au point de l’image (pixel). L’écran est illuminé par derrière (rétro éclairage) par une lampe diffusant une lumière polarisée et celle-ci est transmise ou absorbée par les cristaux liquides disposés sur la matrice TFT (Thin Film Transistor). L’image se forme sur une seconde matrice, dite de filtres colorés. Le silicium polycristallin est utilisé pour la matière active des grands LCD 14 pouces, car ce matériau présente une mobilité électronique très supérieure au silicium amorphe. Des définitions de WXGA de 40 pouces (à 1 366 par 768 pixels) et pour TVHD à 46 pouces (1 920 pixels par 1 080 pixels) conduisent à des prix de 6 à 8 000 euros pour un téléviseur qui peut consommer environ 500 watts.
Les LCD à grand angle de vue se généralisent en mode QVGA, 320 par 240 pixels (à 197 pixels par pouce) et en VGA 640 x 480 pixels (à 217 pixels par pouce) avec choix de la résolution pour agrandissement d’une partie de l’image et du texte de l’écran.
3.3 - Ecrans LCD à double face
Mitsubishi Electric a débuté la commercialisation d’écrans à cristaux liquides qui affichent des images sur la face avant et la face arrière d’un même panneau. Les téléphones portables pliables japonais disposent en général de deux écrans, un principal et un secondaire, plus petit, visible lorsque le téléphone est replié. La nouvelle technologie de Mitsubishi permet de fondre en un seul ces deux écrans. Les avantages se situent dans la réduction de poids, l’amélioration de la luminosité, la réduction de la consommation et dans les coûts de fabrication. Les terminaux mobiles qui seront commercialisés au début de 2005 disposeront de ces facilités à un prix à peine supérieur à ceux d’aujourd’hui.
3.4 - Ecrans à plasma
Dans un écran plasma, chaque point de l’image est une cellule tapissée de lumiphores (matériau luminescent) remplie de gaz (en général un mélange de xénon et de néon) et équipée de deux électrodes. Les cellules sont gravées dans une dalle de verre placée à l’arrière de l’écran, recouverte par une seconde dalle de verre (qui a l’inconvénient de capter les reflets des éclairages domestiques). Le signal électrique qui correspond au pixel provoque une cascade d’événement. D’abord, une décharge électrique dans la cellule qui génère un rayonnement ultraviolet, lequel excite la couche phosphorescente, qui à son tour émet une lumière visible en RVB. Le temps de réponse est rapide. La colorimétrie est étendue. Les tailles demeurent moyennes, mais les prix sont élevés. La consommation des écrans plasma est forte (300 watts pour un écran de 42 à 50 pouces de diagonale).
L’écran plasma doit être regardé de face. Les premiers écrans à plasma à 32 pouces (81 cm) ont été commercialisés par Hitachi et Fujitsu avec une résolution supérieure à celle d’un CRT (6 keuros). Les écrans plasmas pour l’intérieur (Home Cinéma, avec 60% des ventes) ou l’affichage public sont très demandés (50% des ventes en Allemagne et au Royaume-Uni), malgré un prix de 4 k€ pour les 40 pouces. Des écrans plasma en 100 pouces de diagonale (259 cm) ont été réalisés pour des applications professionnelles.
3.5 - Ecrans OLED
Un OLED (colored Organic Light-Emitting polymers Display) est constitué de deux films minces de matière organique placés entre deux conducteurs. Lorsqu’un courant électrique est appliqué, une lumière vive est émise. Les OLED sont moins coûteux que les écrans LCD. Ils ont un temps de réponse rapide adapté aux images vidéo. Les images peuvent être regardées sous toutes les positions angulaires. Le marché actuel propose une profusion de modèles OLED. Ils peuvent être constitués à base de matières organiques actives ou passives.
Les écrans OLED couleur à matrice active peuvent être développés avec des matériaux organiques électroluminescents. Ces matériaux sont phosphorescents, alors que les Oled sont fluorescents. Ils ont un rendement 4 fois plus élevé que les Oled. Les Oled se substituent de plus en plus aux LCD à matière active classique, car ils sont moins coûteux et ils consomment beaucoup moins. Les écrans OLED constituent une alternative aux LCD pour les écrans informatiques. Ils sont moins lourds, résistent à l’humidité et conviennent aux terminaux nomades, bien qu’ils soient plus coûteux. Leur durée de vie s’améliore avec les nouveaux procédés de fabrication. Ils commencent à équiper les assistants numériques, les caméras numériques et les magnétoscopes, les lecteurs portables de DVD et les afficheurs utilisés sur les équipements de géolocalisation. Mais, on estime qu’ils ne répondent pas encore aux caractéristiques exigées pour les écrans d’ordinateurs ou les téléviseurs.
Des afficheurs en OLED deux fois plus minces et deux fois plus légers sont en étude chez Samsung. Après avoir industrialisé des OLED à matrice passive couleur, Samsung a signé un accord avec Vitex Systems, ce qui devrait lui permettre de devenir le numéro un en OLED polychrome à matrice active pour appareils nomades, grâce à la technologie Barix (une seule plaque de verre au lieu de deux, la seconde étant remplacée par un revêtement imperméable de 3 µm (imperméable à l’humidité ambiante et à l’oxygène).
Grâce au procédé CCP (Color Changing Panel), les écrans OLED peuvent afficher 16 couleurs à l’aide de deux matériaux organiques électroluminescents de couleur bleu et orange. La structure STE " Super Top Emission ", en matrice active en silicium polycristallin à basse température, permet d’extraire la lumière sans passer au travers de la matrice active, tout en augmentant la luminance et la résolution, par un jeu de réfractions internes, les couches RVB émissives de l’écran étant transformées en filtres interféro-métriques. Les couches sont insérées entre une anode métallique et une cathode semi-transparente.
Les écrans OLED de petite taille ou de taille moyenne sont utilisables pour les terminaux portables et les écrans de système GPS. Le marché des OLED devrait atteindre 20% du marché des écrans plat de petite et moyenne taille.
3.6 - Affichage par émission à effet de champ
Candescent Technologies Corporation avait mis au point, en 2000, un écran plat appelé "ThinCRT" sur les bases de la technologie d’affichage par émission par effet de champ (FED, field-emission display). A la suite de l’acquisition de Candescent par Canon, Canon développe actuellement un écran plat de grand format à affichage par émission par conduction surfacique (SED, Surface conduction Electron-emitter Display) avec le concours de Toshiba Corporation. C’est une variante bon marché et à basse consommation (100 à 130 watts) de la technologie FED dans laquelle les micropointes sont remplacées par un film de sources électroniques faites de particules d’oxyde de palladium.
Un écran à micropointe de technologie FED (Field Emission Display) de diagonale 32 pouces a déjà été réalisé. Intel produit des microécrans basés sur la technologie SED.
3.7 - Ecrans LCoS
La technologie LCoS (Liquid Crystal on Silicon) permet de fournir une image télévisuelle par projection arrière (RPTV, rear-projection television). Elle met en jeu un petit écran LCD sur substrat de silicium et un miroir afficheur à cristaux liquides d’environ deux à trois centimètres de diagonale) dont l’image est projetée sur l’écran de télévision. Les écrans réflectifs sur silicium monocristallin (25 mm de diagonale) sont soit dédiés aux projections, soit conçus pour systèmes portables. Les systèmes de projection demandent un bon contraste, une forte luminance et doivent accepter des flux lumineux intenses. Les portables disposent de LCoS de taille inférieure à 12 mm. La couleur y exige un affichage séquentiel des composantes RVB.
Le silicium monocristallin, par sa mobilité électronique élevée, permet une résolution importante qui correspond aux besoins des micro-écrans. Les micro-écrans LCD sur substrat microcristallin (LCoS) sont concurrencés par la technologie OLED (Diode électroluminescente organique) qui est basée sur des propriétés émissives (donc, pour des usages dans des milieux sombres). On distingue dans les LCoS, ceux qui sont dédiés à la projection et ceux qui sont utilisés sur les équipements nomades de petite taille (écrans pour PDA).
Hitachi, Sony, JVC et Kolin persévèrent et offrent déjà des téléviseurs à haute définition de 50 pouces de diagonale basés sur cette technologie LCOS pour moins de 2 000 dollars. La production industrielle de ces technologies semble subir des fortunes diverses et il semble difficile de concilier production de masse, prix bas et haut degré de qualité de fabrication. Intel a annoncé son intention d’arrêter les recherches dans ce domaine.
4 - Rétroprojecteur et autres systèmes d’affichage
De nouvelles technologies d’affichages sont apparues : rétroprojecteurs (entre 0,3 k€ et 1 k€), projecteurs muraux et vidéo-projecteurs de salon (1 k€ pour 60 pouces de diagonale), LCD (ancienne génération à 15 et 30 pouces remplacée par une nouvelle génération à 40 pouces), écrans muraux à plasma à 40 pouces (moins de 4 k€), rétroprojecteurs à micromiroirs (4 k€), etc. Les grandes projections (de 38 à 68 pouces) se font avec des projections arrière (le 8K fait 4 320 lignes de 8 192 pixels). La qualité de ces rétroprojecteurs s’est récemment améliorée. Un système de miroirs projette l’image sur le côté intérieur de l’écran, le côté extérieur étant l’écran visible. La technologie DLPO permet d’obtenir des contrastes et des taux de luminosités élevés.
La technologie Tri-LCD des vidéoprojecteurs utilise trois matrices à cristaux liquides (une par couleur fondamentale RVB). Les matrices sont composées de molécules de matière organique qui laissent ou non passe la lumière projetée à travers les matrices. La technologie DLP met en jeu des milliers de micro miroirs capables de pivoter de 10° de part et d’autre de sa position d’équilibre. Une lampe projette un rayon lumineux traversant une roue chromatique placée entre la lampe et la matrice. La réflexion des couleurs par les miroirs du système DMD (Digital Micromirror Device) restitue l’image. Le taux de contraste des projecteurs DLP est supérieur à celui de tri-LCD.
Sony commercialise à compter de janvier 2005 des projecteurs numériques (60 à 80 000 dollars) à 8,85 millions de pixels (4 096 par 2 160 pixels couleurs) pour salles de cinéma dont les écrans sont compris entre 8 et 14 m de largeur (format 4K). La technologie utilisée est celle des SXRD (Silicon X-Tal Reflective Display) qui est adaptée de la technologie LCoS. Un téléviseur à 10 000 dollars pourrait fournir des images de 1 920 par 1 080 pixels dans la même technologie dès 2005.
L’Association Digital Cinema Initiative (DCI) qui regroupe les principaux acteurs des studios américains ont élaboré un ensemble de normes pour le futur cinéma numérique qui inclut la résolution, le type d’encodage, le mode de distribution des données vers les salles, les systèmes de protection, etc. La compression au format JPEG-2000 a été retenue. Pour les salles de petites dimensions, le format 2K (2 048 par 1 080) a été retenu.
Des afficheurs pliables de 3 m sur 0,4 m de large, comportent 12 lignes et de 96 colonnes (Afficheurs textiles). Les fibres sont revêtues d’un matériau électroluminescent qui est excité. Le projet européen FlexiDis s’intéresse à la réalisation d’écrans flexibles à matière active d’ici à 2007. Hewlett-Packard étudie actuellement des LCD couleur à matrice passive sur support plastique de 3 sur 4 cm.
La technologie SED (Surface-conduction Electron-emitter Display) permet des contrastes remarquables, en dimension de 50 pouces et avec une faible consommation (60% de l’énergie nécessaire à un LCD).
5 - L’industrie des écrans en marche
5.1 - Généralités
Des investissements lourds sont lancés principalement en Asie pour la fabrication d’écrans plats à cristaux liquides (LCD-TFT) de grande dimension pour téléviseurs et pour ordinateurs, au prix d’un milliard de dollars l’usine. Les grands formats d’écrans LCD-TFT sont produits par une quinzaine d’industriels situés en Asie, dont Samsung (20 % du marché mondial), LG.Philips (17%), AU Optronics (10%), Sharp (7%), etc. Les nouvelles usines en création sont celles de LG. Philips LCD, de Samsung, de DisplaySearch et de AU Optronics. Elles visent à accroître le rythme de fabrication et à réduire les coûts de production dès leur ouverture.
5.2 - Tendances du marché des écrans
On estime à 4 millions le nombre d’écrans plasma qui ont été commercialisés en 2004. En 2005, le marché a représenté près de 7,2 millions d’écrans LCD. L’avenir semble s’orienter vers les LCD et les OLED de préférence aux plasmas. La durée de vie d’un LCD est de 60 000 heures (soit 15 ans à 8 heures par jour), de 20 000 pour les écrans plasmas, l’écran étant réutilisable et présentant un avantage pour le contraste en environnement lumineux. Les OLED auraient une durée de vie comprise entre 5 000 et 30 000 heures.
Le plasma de 42 pouces consomme 400 watts et le LCD de 40 pouces à peine 200 w. Le LCD est compatible avec la diffusion vidéo, car son temps de réponse est de 15 ms. Il permet une définition de 640 x 480 pixels alors que la télévision a une trame de 576 lignes, mais il existe des définitions plus fines (SVGA et WXGA) pour les applications de moniteur de télévision. Le LCD peut offrir des définitions à 1 000 lignes (Fujitsu, Pioneer). Les écrans LCD conviennent aux petites dimensions. La technique Plasma semble adaptée aux grands écrans et pourrait atteindre une durée de vie semblable aux LCD pour des images non fixes. En grande taille, les LCD sont plus coûteux que les plasmas.
5.3 - Projets industriels
Samsung et Sony ont investi dans une société de fabrication de LCD-TFT dédiés aux téléviseurs de grandes dimensions, ce qui ouvrirait la voie à des téléviseurs à moins de 2 000 dollars. Samsung a réalisé un écran de 57 pouces en technique LCD TVHD, avec angle de vues de 170°, un temps de réponse très court (8 ms) et un contraste de 1000, la consommation étant de 350 Watts.
Des petits écrans LCD pour afficheurs de télévision ont été réalisés en technologie UFS-LCD (Ultra Fine and high Speed) avec des formats variant entre 1,5 à 6,5 pouces. Hitachi et Matsushita se regroupent pour la production et la commercialisation d’écrans plasma. Epson produit des microécrans LCD à matrice active pour systèmes de rétroprojection et pour projecteurs frontaux de 1 920 par 1920 pixels sur une diagonale de 0,9 pouce. En raison de la forte concurrence exercée sur le marché, la fabrication de petits écrans de téléviseurs basés sur la technologie LCOS (Liquid Crystal on Silicon) a été arrêtée.
6 - Conclusions
Le CRT représentait autrefois une part importante du prix, du volume et de la consommation du téléviseur. L’écran plat n’a pas encore complètement conquis sa place sur les deux marchés associés de l’informatique et de la télévision qu’il visait à l’origine, mais il tend à devenir le point focal de toutes les applications multimédias à la maison. La diffusion des écrans plats va probablement contribuer à réduire les coûts. Le marché doit encore figer les différentes variantes de ces technologies d’affichage et concevoir un système de gestion de l’affichage qui soit adapté à la fois au texte et à l’image. Actuellement, le marché met en présence deux techniques concurrentes en qualité et en prix pour la TVHD, les LCD et les rétroprojecteurs.
Malgré les pixels perdus du fiat des nombreux formats d’images ou de balayage utilisés, le moniteur devient la plaque tournante des intégrations des applications domestiques (haut parleur, microphone, connexions USB, caméra vidéo, tuners vidéos, applications internet, etc. Il réduit les câblages et simplifie les commandes par l’emploi de l’infra rouge.
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