L’innovation a envahi les terminaux nouveaux et le marché est encombré de merveilles qui sont proposées aux utilisateurs du monde entier. Combien d’entre eux et d’entre elles survivront aux injures du temps ?
Apple lance des interfaces tactiles superbes. La liseuse électronique, malgré son absence de protection contre les virus et attaques de toutes catégories, cherche à séduire à la fois la presse et les éditeurs de livres. Tablettes, « smartphones » et « netbooks » se côtoient au Congrès de la GSMA de Barcelone. Un peu trop d’innovations face à la crise économique explique que la TMP puisse passer rapidement au chapitre des pertes et profits, annoncent les augures !
A la pointe des innovations relatives aux interfaces tactiles
La sortie de l’iSlate par Apple met l’accent sur les interfaces tactiles. En effet, les entreprises françaises innovantes dans le domaine du tactile et des nouveaux usages, peuvent tirer parti de cette nouvelle donne et tenter de faire partager leur expérience dans le domaine du matériel - avec les écrans tactiles multipoints, les technologies d’ondes acoustiques ou en lumière infrarouge pour la détection des mouvements des doigts – ou dans le domaine du logiciel. Le marché des écrans tactiles affiche une croissance vigoureuse et devrait générer près de 4,4 milliards de dollars en 2012. Partout où il y a de l’électronique grand public et professionnelle, les écrans tactiles vont se multiplier, avec deux technologies qui s’affrontent : le « monopoint" et le "multipoint". Ce dernier, défendu par Apple, devrait rapidement prendre le dessus sur le monopoint aujourd’hui encore majoritaire, notamment sur les téléphones portables. Le "multitouche" ouvre de nouveaux usages, dont les fameuses "tables tactiles" de Microsoft, avec un prix encore prohibitif pour le grand public, mais dont les coûts de fabrication chuteront avec la démocratisation des usages. S’ouvrira alors une nouvelle voie, avec une nouvelle ergonomie, et la nécessité de refondre les logiciels en profondeur pour tirer parti de ces nouvelles capacités d’interaction.
Créé en 2006 et dirigée par Xavier Paulik, Tiki’labs développe et commercialise une nouvelle génération d’interfaces utilisateur pour tous les équipements électroniques (téléphones mobiles, ordinateurs, téléviseurs, etc.). Sa technologie "Tiki6Keys" permet toutes les interactions de navigation et de saisie de texte, de façon confortable, même d’une seule main et sans stylet. Cette innovation a été primée à la fois par Nokia, le Télécoms Council 2010 et le Ministère de la Recherche. Tiki’labs a également été distinguée par OSEO, la ville de Paris et la région Ile de France. www.tikilabs.com
La sécurité du réseau à travers la liseuse électronique (e-book)
"Actualités et littérature" pose la question de la sécurité qui se pose, ou se posera, dans le nouvel univers du livre numérique qui est annoncé. Plusieurs problématiques apparaissent, outre les menaces informatiques, qui sont liés aux textes eux-mêmes et leur altération. En achetant un livre imprimé, il est difficile de détourner le message qu’il délivre. Dans un univers dématérialisé, les livres deviennent particulièrement vulnérables. L’intégrité d’un livre numérique, son essence, son message peuvent être gravement altérés.
D’autre part, les utilisateurs doivent faire face aux mêmes problématiques que celles que rencontrent les utilisateurs d’ordinateurs ou de téléphones (usurpation d’identité, vol d’identifiants ou de mot de passe, introduction de code malicieux ou de cheval de Troie, etc.). Une fois la propagation réalisée, le pirate peut activer à distance ces attaques et créer un parc de machines de destruction. Toutes les machines contaminées pourraient servir à lancer une attaque contre la BnF, par exemple !
Dès lors, il faut proposer des solutions pour protéger le lecteur électronique de M. Dupont, qu’il soit sous Linux ou Android... ou même Apple, car les menaces de sécurité dans le secteur de l’e-book ne relèvent pas de la science-fiction. Avec le parc d’iPhone actuel, la possibilité de multiplications des "malwares" est réelle. Chez Kaspersky, la question se pose de savoir s’il ne faudrait aussi intégrer des protections aux consoles de jeux portables. http://www.actualittte.com
La liseuse électronique, un double petit marché !
Le marché des liseuses électroniques (eReaders, ou e-books) devrait être de l’ordre de 5 millions d’unités, alors que les ventes de livres numériques devraient atteindre 100 millions d’exemplaires. Mais la majorité des livres numériques sera lue sur des ordinateurs, plutôt que sur des liseuses électroniques jugés trop coûteuses et peu fonctionnelles.
En 2010, les éditeurs de périodiques et de magazines envisagent mettre en place des modèles économiques hybrides dans lesquels l’accès à l’essentiel de leurs contenus serait gratuit avec seulement une partie en accès limité. La valeur du contenu est très importante et la liseuse électronique pourrait être associée à un dispositif de micropaiement. Mais pour la presse, un micropaiement par client tous les quinze jours peut entraîner des coûts de transaction supérieurs à la marge brute.
Tablettes, "smartphones" et "netbooks"
Pour conquérir de nouveaux marchés auprès des utilisateurs, industriels et exploitants de réseau ont rivalisé d’imagination. La mariée est trop belle et elle se présente aujourd’hui sous trois formes de terminaux adaptés aux nouveaux réseaux mobiles à haut débit. Mais le cycle de vie des produits s’est réduit à quinze mois dans l’industrie électronique et les "netbooks", petits ordinateurs portables, portés aux nues depuis la fin de l’année 2008, pourraient, selon IDC, disparaître rapidement. D’autre part, les livres ou liseuses électroniques ne devraient pas résister pas longtemps aux tablettes, malgré tout le soutien apporté par les éditeurs de presse. Plus de 50 exposants ont proposé ces appareils de lecture sur écran au dernier CES de Las Vegas en Janvier 2010, convaincus d’un doublement du marché aux Etats-Unis, selon Forester Research. Mais aucun d’entre eux ne propose un verrouillage de protection ou un dispositif de sécurité contre les piratages de toute sorte, de sorte que le loup peut entrer dans la bergerie !
Les terminaux Droid aident Verizon à se rapprocher de AT&T
Les parcs de terminaux mobiles sont-ils à l’image des exploitants de réseaux mobiles ? Le chiffre d’affaires et le trafic enregistré par AT&T semblent être soutenus par le succès auprès du public de l’iPhone de Apple et de la liseuse Kindle (1,3 millions d’abonnés et 0,5 millions, respectivement dans les trois derniers mois), alors que Verizon Wireless n’aurait acquis que 1,5 millions d’abonnés avec les terminaux Droid de Motorola. Les services prépayés permettent de majorer les revenus moyens par usager. Le jeu des relations commerciales entre l’industrie, les exploitants de réseau et les utilisateurs des réseaux devient de plus en plus complexe.
Adobe et la pression sur le marché
Le terminal Android dispose des logiciels Flash Player et Adobe Air, alors que l’iPhone n’en est pas pourvu. Il semble que Apple n’ait pas été convaincu de la possibilité technique d’ouvrir son terminal à la plateforme proposée par Adobe. Aujourd’hui, 70 à 75 % de la vidéo et des jeux en ligne utilisent les produits Adobe. Mais Apple, "le bel indifférent qui joue sur la différence", n’aime pas les technologies ouvertes, dit-on !
Terminaux pour le WiMAX américain
L’exploitant américain Sprint lancera en juin 2010 un nouveau terminal pour réseau WiMAX, qui sera probablement un terminal portable à écran tactile avec système d’exploitation HTC. Pour tenir compte de la mise en service des réseaux WiMAX, le terminal sera bimode, assurant également les connexions en technologie 3G EV-DO. WiMAX offre, avec Clearwire, le service WiMAX sur modems USB et sur cartes d’ordinateurs dans 27 réseaux (soit 30 millions de personnes), alors que Verizon et AT&T, se sont orientés vers la technologie LTE.
Terminaux pour télévision mobile personnelle
Les exploitants de réseau mobile et les responsables de chaînes télévisuelles ne se sont pas décidés à lancer en France un service de télévision mobile personnelle (TMP) selon la norme DVB-H très française. Les exploitants de réseau ne veulent pas investir dans ce domaine, sachant que cette application est en fait déjà disponible sur les réseaux 3G et que la technologie LTE (prévue pour 2011 ou 2012) est à cet égard suffisante. Pourtant, le CSA a prévu des fréquences spécifiques et a demandé aux chaînes de s’organiser en société commune afin de financer un réseau spécifique. Mais personne ne veut accepter de financer un réseau terrestre sans être assuré d’un retour sur investissement.
La société DibCom ne partage pas ce point de vue, car pour ses dirigeants, les réseaux terrestres s’engorgent facilement et d’autre part, la norme DVB-T2 est aussi bien adaptée à la réception mobile que fixe, comme le montre l’exemple allemand. La norme DVB-SH, plus récente, peut aussi associer le satellite et les réémetteurs terrestres. Et en 2010, les composants DibCom sont d’ailleurs déjà disponibles pour les systèmes de diffusion numérique T-DMB, ISDB-T et CMMB, DVB-T, DVB-H et DVB-SH ! www.dibcom.com
"Hérésie et gaspillage", répondent les techniciens experts en audiovisuel ! "La télévision ou la vidéo en flux continu ne présentent qu’un intérêt limité, car le temps de visionnage sur un si petit écran ne peut se prolonger au-delà de quelques minutes, ce qui est incompatible avec le contenu des chaînes proposées par le CSA. De plus, les couvertures des antennes ne permettent pas un visionnage continu lorsque l’utilisateur est en déplacement." Et le rédacteur de "Télé Numérique", Gilber Draner, conclut à ce propos : "La TMP va passer par pertes et profits, au même titre que de nombreuses technologies poussées par le pouvoir en place, etc." La frénésie des développements en tout sens conduit à l’aveuglément et il y aura sans doute une facture de plus à payer par la collectivité en cas d’échec !
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