Du fait des nécessités d’exploitation, le LTE (Long Term Evolution) se met en place plus tôt que prévu et pourtant les normes viennent tout juste d’être adoptées.
Mais la stratégie d’adaptation des réseaux nécessite de choisir entre trois façons d’investir. Ericsson et Samsung innovent, suivis par tout un groupe d’exploitants de réseau mobile. Et le LTE nouveau (Advanced) est déjà annoncé ! Ce qui montre que l’évolution à long terme est déjà sur place !
La problématique actuelle du LTE
Le déploiement de la technologie LTE est actuellement en cours aux Etats-Unis, où les fréquences ont été attribuées à Verizon et AT&T, en Europe (dans les bandes des 2,6 GHz et des 800 MHz) et en Asie. L’ouverture commerciale des services est attendue au cours de l’année 2011. Si l’on en croit Steve Shaw, Directeur du marketing chez Kineto Wireless, un problème de choix de technologies se présente à propos du service vocal et des SMS en LTE.
Sur les réseaux mobiles actuels, les trafics vocaux et en SMS sont importants. Ils génèrent 86 % du chiffre d’affaires des services mobiles, lequel s’élève à 884 milliards de dollars, selon Pyramid Research (Juin 2009). En GSM, la conversation utilise des circuits classiques. En technologie 2,5 G, le terminal téléphonique anime deux supports, un circuit téléphonique (pour la parole et les SMS) et des connexions en mode paquets (pour les applications en protocole IP). En LTE, tout passe en mode paquets et rien n’a été prévu pour la voix et les SMS, à l’exception de la technologie nouvelle IMS (Internet Multimedia Subsystem) qui est en cours de développement dans plusieurs réseaux. Les exploitants doivent donc déployer dans tout leur réseau LTE une technologie spécifique pour le transfert de la voix, ou bien (ce qui est coûteux, mais sera utile plus tard), passer de suite à l’IMS Telephony (ce qu’a réalisé déjà British Telecom dans son nouveau réseau 21CN). Deux solutions transitoires sont envisageables, celle préconisée par le VoLGA Forum et celle du CS Fallback. Nokia Siemens Networks a annoncé une variante propriétaire appelée “Fast Track voice over LTE” qui ne fait pas encore l’objet d’annonces commerciales. Très brièvement résumées ici, il apparaît que les techniques provisoires CS Fallback (CSFB) et VoLGA reposent sur l’utilisation des ressources d’un réseau de circuits existants. VoLGA, plus proche du LTE, emploie des contrôleurs de communication qui effectuent la mise en paquets de la voix et des signaux SMS, ainsi que la commutation entre les deux réseaux. VoLGA permet l’accès aux Femtocellules. La technique CSFB demande au terminal de fonctionner en mode GSM et le connecte à un circuit du réseau GSM. Mais CSFB ne peut pas donner accès aux Femtocellules.
Pour mettre en place un réseau LTE, il faut disposer des spécifications complètes ainsi que des composants indispensables (2011 ou 2012). L’IMS (ou l’un de ses substituts) sera utilisé graduellement pour la transmission vocale et les SMS sur LTE, mais rien n’indique encore quelles seront les applications majeures qui, à côté des services actuels, seront réclamées par la clientèle mobile de demain.
Caractéristiques du LTE
La technologie 3G a fait sa place au sein du public. Son développement est exponentiel et les exploitants doivent faire face à une explosion de la demande en débit et en connexions, soit pour l’accès à l’Internet, soit pour des demandes en vidéo en réseaux sociaux, etc. Le tiers monde également demande des connexions radio afin de suppléer à la rareté des connexions filaires. La croissance de la 3G en débits a été également progressive en raison des avancées techniques qui se sont confirmées par étape sur le terrain. L’intérêt du LTE est de prolonger les efforts précédents tout en réduisant les coûts d’investissement et d’exploitation, car en fait, le LTE ne demande qu’une architecture de réseau IP de type horizontal et il fournit en retour une bonne qualité de service. Ses chances de succès sont assurées si, dès son ouverture, le réseau LTE demeure compatible avec les premiers réseaux installés (GSM, UMTS, etc.), ce qui pose bien des obligations en raison des multiples interfaces de réseau de nombreux indicateurs de qualité de service à surveiller, et des nouveaux services et applications à coordonner.
Une première en réseau LTE
Ericsson et Samsung viennent de rendre interopérables un terminal LTE développé par Samsung avec le premier réseau LTE-FDD à Stockholm en Suède édifié par Ericsson. Les procédures qui ont permis ce programme d’intégration et d’interopérabilité ont été élaborées en commun par les deux industriels. Grâce à des tests approfondis à Stockholm sur le réseau de TeliaSonera en cours de déploiement commercial, les dongles LTE de Samsung et l’infrastructure d’Ericsson répondent aux exigences de la version 8 des normes de 3GPP. Le LTE va transformer les usages en haut débit mobile grâce aux facilités disponibles dans les flux descendants et montants. Le LTE apportera une nouvelle dimension pour la télévision sur Internet, le bloc note mobile vidéo, les jeux vidéos en ligne et les applications en haut débit mobile des entreprises. [www.ericsson.com]
Vers l’ouverture prochaine de réseaux LTE
Le spécialiste chinois en équipements de réseau Huawei a lancé une campagne d’essais LTE portant sur 25 sites qui devrait s’achever avant la fin 2009. En comparaison, Alcatel Lucent ne s’est engagé que sur 22 sites LTE d’ici la fin de 2010. Ericsson a refusé de fournir des chiffres à ce sujet, alors que Nokia Siemens Networks a ouvert quatre campagnes d’essais LTE. L’industriel chinois ZTE a annoncé ses propres essais en cours en LTE avec Hong Kong CSL et Telefonica. Motorola et NEC souhaitent être en mesure de négocier des contrats dans ce domaine avec l’exploitant japonais KDDI. Verizon et TeliaSonera rivalisent d’ingéniosité afin d’être sur la liste des premiers exploitants offrant les services LTE en 2010. Ericsson et Alcatel-Lucent seront les fournisseurs d’équipements pour le réseau commercial de Verizon, alors que Ericsson et Huawei fourniront TeliaSonera. Selon les études effectuées par Wireless Intelligence, il y aurait environ 10 à 15 réseaux LTE en service d’ici la fin de 2010 et sans doute une trentaine de réseaux d’ici la fin de 2012.
Mise en place des réseaux LTE dans le monde, selon PR
Selon une étude réalisée par le cabinet Pyramid Research, les pays développés sont les premiers à mettre en place des réseaux LTE, mais les pays en développement sauront à leur tour tirer profit plus rapidement de cette technologie nouvelle. La croissance du réseau LTE chinois est estimée à près de 400 % entre 2010 et 2012. Selon l’Association GSA (Global Mobile Suppliers Association), il y aurait actuellement 42 exploitants qui se préparent à mettre en place des réseaux LTE dans 21 pays, dont seize dans la zone Asie Pacifique. Quinze réseaux seront ouverts commercialement en 2010. Les industriels DoCoMo, NEC, Panasonic Mobile et Fujitsu ont développé en commun des composants pour les terminaux LTE. La Chine, le Japon et la Corée du sud figurent parmi les pays les plus innovants dans cette technologie. Samsung Electronics et Huawei participant ensemble aux essais d’interopérabilité d’infrastructure de réseau et de terminaux LTE en Europe.
La plupart des exploitants devront s’orienter vers la solution de l’IMS (IP Multimedia Subsystem) pour acheminer les flux vocaux en VoIP et les SMS afin d’assurer la compatibilité avec les réseaux existants. A cet effet, une entité d’acteurs réunit, sous le nom de "One Voice", les exploitants ATT, Verizon Wireless, Vodafone, Orange, Telefónica et TeliaSonera, de même que des industriels tels que Alcatel-Lucent, Ericsson, Nokia Siemens Networks, Nokia, Samsung et Sony Ericsson. L’initiative “One Voice” représente un choix industriel différent de celui du VoLGA Forum, auquel se sont ralliés d’autres acteurs, dont T-Mobile. [www.umts-forum.org]
Evolution vers le LTE du futur
Tout juste annoncé, le LTE prépare son évolution dans le cadre de l’IMT. En effet, les membres et partenaires du 3GPP ont proposé à l’UIT de procéder à l’examen d’un nouveau projet de norme relatif au "LTE-Advanced" (LTE Release 10 & beyond) dans le cadre de l’extension de l’IMT. Ont souscrit à cette proposition les entités de normalisation ARIB, ATIS, CCSA, ETSI, TTA et TTC, qui représentent un total de 370 sociétés de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie. A l’heure actuelle, 30 exploitants ont décidé de se lancer dans l’édification de réseaux LTE et l’évolution possible de cette technologie permettrait de conforter leurs investissements. [www.3gpp.org]
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